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Marathon de Paris : Timothée Bommier premier Français

La 40e édition du marathon de Paris (avec plus de 40 000 arrivants, résultats ci-dessous) a vu la victoire du Kényan Cyprian Kotut, déjà vainqueur du semi-marathon il y a trois semaines, en 2h07’11’’. Timothée Bommier a terminé premier Français en 2h15, une petite minute devant Benjamin Malaty, qui comme il l’avait indiqué avant la course, est parti sur les bases des minima pour les JO de Rio (2h11’00’’) avant de faiblir par la suite. 

C’est ainsi que Timothée Bommier, pour son deuxième marathon après ses débuts dans la capitale l’an passé (2h16’36’’), parti plus prudemment, a rattrapé le Talençais aux alentours du 35e du kilomètre pour terminer 13e et premier Français en 2h15’38’’, retranchant donc une minute à son record personnel.

« Je voulais faire moins de 2h15’ mais je suis quand même satisfait. Le début de la prépa avait été difficile, mais je m’étais mieux senti dans les dernières semaines. C’est de bon augure pour la suite » indiquait le Clermontois, plutôt frais, dans la zone d’arrivée. « Je suis parti sur 3’10’’ au kilo, des bases un peu inférieures à 2h14’, sachant qu’on craque toujours un peu sur la fin. Badre (Zioini) m’a aidé jusqu’aux 15-20e (Timothée Bommier est passé  en 1h06’30’’ à mi-parcours, ndlr) puis Masha (Haile) jusqu’au 30e. Il m’a manqué un peu d’adversité sur les dix, douze derniers kilomètres. Je n’ai pas eu le coup de pompe de l’an passé, où j’avais perdu deux minutes très rapidement sur la fin » poursuivait l’athlète de 29 ans, qui poursuit sa progression sur une distance qui demande investissement et patience.

« Me rapprocher des 2h11’ dans les quatre ans à venir »

« Si je gagne une minute tous les ans, ça me va » sourit-il. « Mon objectif est de m’approcher des 2h11’ dans les quatre ans à venir. Aujourd’hui, il faut être réaliste, je suis encore loin des minima. Mais il faut encore que je m’aguerrisse sur la distance. Il y a encore beaucoup de travail à faire » relève t-il, lucide.

Il y a quatre ans, Benjamin Malaty avait réalisé des débuts très remarqués sur la distance, premier Français en 2h13’15’’, avant de franchir la ligne en 2h12’00’’ l’année suivante – son record personnel.

Depuis, le champion de France de cross 2012 a connu moult difficultés. Jusqu’à son abandon au semi-marathon de Paris il y a trois semaines, l’empêchant d’arriver avec le plein de confiance au départ des Champs Elysées ce matin.

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Malgré tout, le Talençais, comme il l’avait souligné avant la course (lire ici) a tenu à tenter sa chance, partant avec dans le viseur les 2h11’00’’ synonymes de minima pour les Jeux Olympiques de Rio.

« Je n’ai pas vu les temps de passage des deux  premiers kilos, et on est passé beaucoup trop vite aux 5 km (15’10’’ ; vingt secondes plus vite que l’allure de bases pour faire 2h11’, ndlr). Je me sentais pas trop mal, mais il faut avouer que je n’avais pas le rythme de 2013. Après, ça a ralenti (30’50’’ au 10e). J’étais bien, je me suis dit : “C’est bon, je suis de retour !“ » relate t-il.

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« Je n’ai jamais autant souffert sur les trois derniers kilomètres »

Il était toujours dans les clous à mi-parcours, avec un passage en  1h05’30’’. Avant que les choses ne se compliquent aux confins du 25e, : il fut ensuite rattrapé par Timothée Bommier avant finalement de prendre la 14e place en 2h16’16’’. « Sinon, le lièvre a vraiment fait du bon taf » tient-il à souligner avant de reprendre.

« J’aurais sans doute fait 2h13’-2h14’ en partant moins vite. Mais j’ai voulu tenter. J’ai perdu, c’est le sport. Je suis content d’avoir terminé, même si ça doit être décevant pour la plupart des gens qui m’attendaient » souffle celui qui n’a jamais pensé à abandonner et s’est accroché pour finir coûte que coûte.

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« Je n’ai jamais autant souffert sur les trois derniers kilomètres. Cardiaquement, ça va, tu es à 130 pulsations. Mais au niveau musculaire et des quadriceps…On fait un putain de sport quand même » ! parvient-il à sourire, plié en deux sur la barrière, alors que le thermomètre commence à chauffer sévère. « Même si tu as la tête, quand les jambes ne répondent plus… Là, j’ai des pointes (au niveau des abdos et des côtes). Je pense que je suis parti trop vite et ça m’a mis dans le dur. Sur la fin, je ne pensais qu’à être chez moi devant mon canapé ». 

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Une double coupure pour « tout remettre à zéro »

Dans la foulée de trois ans de galère, Benjamin Malaty, trente ans, ne va pas se précipiter. Prendre son temps pour se « reconstruire ». Une première coupure de trois semaines, suivi d’une légère saison estivale, avant de nouveau une coupure d’un mois, un mois et demie cet été, « pour tout remettre à zéro ». Repartir du bon pied. Le prochain marathon ? Peut-être l’an prochain, peut-être dans deux ans.

« Je veux me reposer, retrouver de l’envie ». Ce fameux plaisir qui l’a quitté depuis mal de temps et qu’il cherche à reconquérir, comme il l’explique depuis plusieurs mois déjà. Couper, ne pas se fixer de réel objectif pendant quelques semaines/mois devrait l’y aider.

« Refaire des choses qui me plaisent, du court, des cross. Là, je ne suis pas capable de faire 1h04’00’’ (sur semi), allez, au taquet, peut-être. Mais il faut que ça aille plus vite » conclut Benjamin Malaty, clairvoyant, déçu forcément mais pas non plus abattu.

Devant, c’est le Kényan Cyprian Kotut –déjà vainqueur du semi-marathon de Paris il y a trois semaines- qui l’a emporté en 2h07’11’’, après avoir fait la différence dans les ultimes mètres. Côté féminin, victoire aussi pour le Kenya avec Visiline Jepkesho (2h25’53’’). Marta Komu a terminé première Français en 2h38’35’’ (10e).

Cyprian Kotut

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Au final, aucun tricolore, comme on le pressentait, n’a donc rejoint Christelle Daunay, seule qualifiée pour l’heure pour les JO de Rio, alors que la densité entre 2h10 et 2h15’ fut moins fort qu’à l’accoutumée sur le macadam parisien. Plusieurs autres Bleu(e)s seront en lice les week-ends prochains aux quatre coins de l’Europe pour tenter la qualification (lire ici).

40 874 concurrents ont franchi la ligne d’arrivée de cette 40e édition.

Tous les résultats du marathon de Paris sont à retrouver ici.

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Texte : Quentin Guillon.

Photos : Yves-Marie Quemener.

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