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Marathon de Paris : Timothée Bommier « content mais frustré »  

Deux semaines après les championnats du Monde de cross country, Timothée Bommier a enchaîné avec son premier marathon, dans le sillage d’une saison harassante. Impressionnant durant une bonne partie de la course, le Clermontois a flanché sur la fin. Mais termine tout de même en 2h16’36’’ (19e). Très encourageant pour la suite.

C’était une des curiosités de ce marathon de Paris version 2015 côté français : comment Timothée Bommier allait s’en sortir pour son premier 42,195 km, tout juste deux semaines après avoir pris part aux championnats du Monde de cross à Guiyang en Chine (78e) ?

Le Clermontois a réalisé des débuts très intéressants, 19e en 2h16’36’’. Et il fut longtemps sur des bases inférieures, ce qui explique sûrement pourquoi il oscillait dans l’aire d’arrivée avenue Foch entre satisfaction et amertume. « A chaud je suis déçu, car je passe peut-être un peu vite au semi, en 1h05’53’’ (en fait 1h06’12’’, l’oriflamme du semi-marathon était placée au niveau du 21 km, alors que la cellule se situait au bon endroit, ndlr).  Jusqu’au 30e, je me sentais vraiment bien. On me l’a dit dix, vingt, trente fois, que le marathon commençait au 30e. Là, j’ai vu ce que c’était : à partir de ce moment, même si j’étais cardiaquement vraiment très bien, j’avais les jambes très lourdes. Et du coup, je pète à la fin. Quand on est sur des bases de 2h13’ au 30e, je pense que c’est une petite déception de faire 2h16’, même si je suis très content de les faire » relate sans trop savoir situer le curseur de satisfaction le désormais marathonien, coaché par Jean-François Pontier –également manager du hors stade à la FFA.

« Je me suis peut-être vu un peu trop beau en passant un peu vite au semi »

Peut-être (sûrement ?) lui a-t-il manqué ces ultimes sorties longues en fin de prépa, qui matérialisent la forme et sont sources de grande confiance, lui qui a joué logiquement joué « la carte de la fraîcheur », championnats du Monde de cross oblige (lire ici).

« J’ai fait une saison très longue. Il y avait peut-être un manque de fraîcheur. Mais je ne vais pas non plus cracher dans la soupe. 2h16’ pour un premier marathon, avec mon pote Badre qui fait juste devant, en 2h15’ (lire ici), c’est quand même de bon augure pour la suite. Avant la course, je me posais quelques questions. Mais honnêtement, je n’avais pas d’excuse car j’étais bien préparé. On avait fait tout ce qu’il fallait : on était partis au Kenya trois semaines, on a fait le boulot, les sorties longues  etc…Il y avait juste un peu d’appréhension avec la distance qui impressionne, et une petite interrogation sur mon état de fraîcheur. Mais je n’ai aucun regret sur ma prépa car, franchement, les trente premières bornes, j’étais vraiment au top. Je me suis peut-être vu un peu trop beau en passant un peu vite au semi » analyse t-il lucidement, à chaud.

Photo Yves-Marie Quemener

Photo Yves-Marie Quemener

Ce qu’invoquait aussi Jean-François Pontier : davantage expérimenté, Badredine Zioini avait volontairement laissé filer son coéquipier de club avant le semi car il « sentai(t) » que ça allait trop vite, avant de le supplanter sur la fin. Timothée Bommier a donc appris. A l’instar d’un Yohan Durand qui était monté sur marathon pour s’offrir un nouveau challenge (en raison des blessures pour ce dernier), Timothée Bommier, qui avait quelque peu fait le tour de la piste, a montré de très intéressantes facultés sur 42,195 km, d’autant qu’en sus des Mondiaux de cross qui ont perturbé sa fin de prépa, il a dû conjuguer celle-ci avec un métier plutôt prenant, ces dernières semaines (lire ici).

« J’ai vraiment pris du plaisir »

A 28 ans, le Clermontois s’inscrit donc comme l’un des Français à suivre ces prochaines années sur une distance qui requiert expérience, patience, enchaînement et des kilomètres et des préparations. S’il compte en « discuter avec le coach », le 10e des championnats d’Europe de cross aura l’automne 2015 dans la focale le rendez-vous toulonnais, qu’il privilégiera à un marathon automnal. Avant de revenir sur le macadam et sur marathon au printemps  2016. « J’ai vraiment pris du plaisir, sauf les derniers kilos où c’était très dur. Mais avec un petit peu plus de préparation et d’expérience, ça peut faire moins de 2h15’ facile l’année prochaine ».

Auparavant, il va toutefois s’octroyer un mois de repos. Histoire de recharger les batteries mais aussi et surtout de savourer ces neufs derniers mois qui l’ont vu passer un cap manifeste.