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Marathon de Bordeaux : Denis Mayaud favori

A 30 ans, quelques années après ses potes Benjamin Malaty ou Yohan Durand, Denis Mayaud se lance sur son premier marathon (de nuit ou presque) ce samedi 15 avril à Bordeaux, où il s’est installé depuis trois semaines, en tant que chargé de mission à la direction des déchets au sein de la Métropole. Le 11e performeur français de tous les temps sur 10 km (28’31’’ sur une distance où il fut champion de France en 2012; également 28’21’’50 sur 10 000 m ou  1h03’05’’ sur semi-marathon) sera le favori de cette troisième édition. 

Qu’est ce qui vous a motivé à prendre part à cette troisième édition du marathon de Bordeaux ?

J’ai pour la première fois pensé au marathon en 2013, mais mes problèmes récurrents de tendon ne m’avaient pas permis de m’y aligner. Là, l’entraînement a été plus tranquille et Bordeaux se prêtait bien à des débuts sans objectifs trop ambitieux.

Vous vous êtes fait opérer à l’été 2013 de ce tendon d’Achille (blessure en lien avec le syndrome d’Haglund). Mais tout ne fut pas totalement résorbé…

Oui c’est un peu en dent de scie, mais c’était en partie de ma faute. On m’a toujours dit qu’il fallait que je mette des semelles. Et je n’en voulais pas. J’en porte depuis l’automne et ça va nettement mieux. Après, ça modifie pas mal les sensations. Je ne suis pas complètement fan. On doit perdre en vitesse et en qualité de pied, déjà que ça n’était pas mon point fort… Mais si cela permet de courir sans douleurs…

C’est en raison de ces douleurs que l’on vous a peu vu en compétition depuis un an et les Mondiaux de semi-marathon (43e en mars 2016) ?

J’avais régulièrement des gènes au tendon, donc ça n’incitait pas à aller à l’entraînement quand il faisait nuit. Et puis le retour sur investissement n’était pas forcément très bon. Je n’ai pas couru pendant quatre-cinq mois l’an dernier. Il y avait de la lassitude. Mais le point positif quand on s’arrête, c’est qu’on reprend avec un faible niveau. Du coup la progression est palpable (sourire) et c’est plus motivant. Oui, le plaisir est revenu, d’autant que les parcours à Bordeaux me changent aussi pas mal de la région parisienne – je courais dans Paris intra-muros.

« C’est bien de mettre un petit coup de pression »

Vous n’avez donc pas fait une préparation classique (12 semaines généralement). 

J’ai fait nettement plus court ! J’ai vraiment commencé il y a sept semaines, avec quatre à cinq semaines autour de 160/170 km, et deux sorties longues de 30 km (en 1h45’, soit un peu plus de 17 à l’heure de moyenne, ndlr).  Je pense partir prudemment, sur 1h10’ – 1h12’ au semi, puis on verra.

Qu’est ce que pour vous représente le marathon ?

Je verrais à l’arrivée (sourire). C’est quand même une distance un peu mythique. Il fallait que je m’y frotte à un moment donné, d’autant que c’est en vogue. Au-delà du chrono, si les sensations sont plutôt bonnes et si j’arrive à faire une course équilibrée, cela doit m’inciter à en refaire un autre l’année prochaine. C’est l’occasion de tester autre chose. J’ai perdu en vitesse, donc par la force des choses, je jongle les distances. L’équipe de France ? Ça pourrait être un objectif. Mais c’est un peu tôt pour l’envisager car je n’ai toujours pas fait un marathon.

Comment appréhendez-vous ces 42,195 km ?

L’objectif est plus centré sur le plaisir que sur la performance.  Je n’appréhendais pas du tout la distance, mais c’est vrai qu’on finit par se prendre au jeu et se poser des questions au fur et à mesure que les jours passent. Je pense qu’il y aura un peu de stress au départ. Mais on en a de moins en moins quand ça fait quelques années que l’on court. C’est bien de mettre un petit coup de pression.

« Avoir perdu en vitesse me frustre un peu »

Quel sera ensuite la suite de votre programme ?

« Justement, Avoir perdu en vitesse me frustre un peu. Je vais refaire une saison de piste, et un peu de 5 000 m. Je crois que je ne suis pas passé sous les 14’ depuis 2011, ça commence à dater (14’02 »69 en 2015, 13’37 »75 en 2011 pour un record de 13’31 »83 en 2009). J’irai à Carquefou, le classique du calendrier français.

Avec l’âge, c’est plus difficile d’aller vite sur la piste ? Ou bien ce sont les blessures qui ont ralenti votre progression ?

Un peu des deux. Avec les blessures, on prend forcément moins de risques, on fait moins de séances spé sur la piste, et on perd au fur et à mesure le bénéfice du travail réalisé les années précédentes.

Interview : Quentin Guillon.

Photo : Yves-Marie Quemener.