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Londres 2017 : Maeva Danois a « hâte d’en découdre »

Maeva Danois aborde avec sérénité et envie ses premiers championnats du Monde chez les seniors. Elle foulera le tartan du stade olympique mercredi soir pour les séries du 3 000 mètres steeple.

Pas si simple de se retrouver sur le canapé pour suivre la première levée des Mondiaux, vendredi soir, où le public chaud bouillant n’a eu de cesse de pousser Mo Farah. L’envie d’y être. De se retrouver soi-même au cœur de la marmite, où le cœur palpite rien qu’en entendant le public.

« Je ne suis pas encore trop rentrée dans mes championnats. Je me laisse encore le temps de découvrir les lieux, de m’imprégner de l’ambiance. Puis petit à petit rentrer dans ma bulle. Mais j’ai beaucoup d’envie et j’ai hâte d’attaquer ce championnat. Toute la semaine, j’avais hâte d’arriver » sourit Maeva Danois, arrivée samedi matin à Londres. Désormais, il va lui falloir compter les jours avant les séries du 3 000 m steeple, mercredi. Ne pas griller trop d’influx.

« Moins spectatrice et plus actrice »

Mais la steepleuse de 24 ans n’est pas une nouvelle venue, désormais escortée de quatre sélections chez les seniors (en incluant Londres), dans la foulée des championnats d’Europe à Amsterdam l’an passé, où des petits soucis physiques aux genoux ne lui avait pas permis de s’exprimer pleinement, ainsi que des championnats d’Europe par équipes cette année à Lille.

« Je suis moins spectatrice et plus actrice de mes courses. Je regarde moins les autres, je sais ce que j’ai à faire, j’ai ma routine avant chaque course. Le but est d’être dans ma bulle, faire ce que j’ai à faire et toujours avoir envie, car c’est ce qui fait que je suis performante ».

Pour rallier le chaudron britannique, dont l’ambiance n’a indubitablement et sporadiquement rien à envier aux chants des fans de West Ham qui s’y pressent désormais depuis la réhabilitation du stade olympique, la sociétaire de l’Ea Mondeville Hérouville a bénéficié de la (large) ouverture de la sélection opérée par la DTN.

« Expérience à acquérir »

« Je prends ça comme de l’expérience à acquérir. Le projet, c’est Tokyo 2020. Il y a Berlin aussi l’année prochaine (championnats d’Europe). C’est un tremplin pour les prochaines échéances. Le steeple est une discipline de maturité, (maturité) que l’on prend au fil des ans. C’est une chance mais c’est aussi énormément d’entrainements derrière. C’est bien que la Fédération reconnaisse qu’il faut préparer les championnats à venir ».

Si les minima étaient fixés à 9’32’’50, l’athlète coachée par Adrien Taouji a couru en 9’41’’19, à quelques centièmes de son record personnel. « L’objectif cette année n’était pas forcément de se qualifier pour les Mondiaux, mais d’être régulière autour de 9’40’’. Et aussi de réussir les France Elite. L’an passé, j’avais fait l’erreur de ne pas assumer mon statut de favorite et de laisser faire les filles (2e). L’objectif était d’assumer ce statut (ce qu’elle a fait à Marseille début juillet), puis de se faire plaisir sur 1 500 m. Et j’en ai pris beaucoup pour aller chercher la 3e place. Ça a été une semaine avec beaucoup de souvenirs » glisse la médaillée d’argent des Europe espoirs 2015, étudiante en podologie à l’INSEP.

« Prendre des risques »

Ses années sont dédoublées, et elle mène ainsi sa formation en six ans au lieu de trois. « Je vais entamer ma quatrième année à l’INSEP et cela m’a permis de me professionnaliser. Je ne regrette pas ce choix. J’ai tout à disposition pour concilier avec mes études. C’est un outil de travail monstrueux ».

Qui lui a permis de préparer sereinement la dernière ligne droite de ces Mondiax.

« On gardait les minima dans un coin de la tête. Il y a encore cette perf de pointe à aller chercher. Je compte sur cette série pour tout donner et aller chercher mon record. Il faudra prendre des risques que je n’ai pas encore pris. Il n’y a rien à perdre ».

Texte : Quentin Guillon.

Photo : Facebook Maeva Danois.