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Le marathon de New York malgré tout

5 jours après l’attentat à la voiture bélier dans Lower Manhattan (une zone que n’emprunte pas l’épreuve), le marathon de New York se disputera bien ce dimanche, dans une atmosphère certainement tendue. Le club organisateur du New York Road Runners a confirmé avant-hier le maintien de l’épreuve dans un communiqué officiel, soulignant que « les mesures de sécurité seraient maximum autour de l’événement », et qu’elles avaient été renforcées. Le maire de la ville a précisé : « Nous avons ajouté plus de camions de sable, plus de véhicules bloquants. Je ne peux pas vous donner le nombre exact, mais ce sera le plus important jamais déployé à cet événement. Nous avons plus que doublé nos équipes d’observation sur les toits, ainsi que nos équipes de tireurs d’élite dans l’ensemble des blocks et pas seulement à Manhattan. Nous avons également ajouté plus de groupes équipés d’armes lourdes dans toute la ville. Les agents de notre services d’urgence et du groupe d’intervention stratégique seront à des endroits fixes le long du trajet, mais ils auront également une capacité d’intervention mobile. »

L’organisation a néanmoins annulé mercredi deux manifestations adjacentes à la manifestation, à savoir la Blue Line Painting (qui célèbre la fameuse ligne bleue désignant la trace optimale du parcours) et le Faces of the Marathon (qui met en avant certains participants atypiques).

Dans cette ambiance tendue, plus de 52 000 concurrents s’élanceront sur cette édition 2017, dont plus de 3000 coureurs français, qui constituent l’une des plus grosses délégations étrangères. Depuis 1970, date de la première édition de l’épreuve, l’événement focalise toutes les attentions, devenant le Graal de nombreux coureurs, non pas venus chercher une performance, mais une expérience inoubliable. Il est désormais loin le temps de l’édition N°1 qui s’était tenu à l’intérieur de Central Park en 1970, sous formes de plusieurs boucles à enchaîner. Depuis, l’épreuve est passée de 127 coureurs et une inscription à 1 dollar en 1970, à 51 394 finishers en 2016 et un dossard à 358 dollars pour les seuls citoyens américains, avec un temps final moyen mesuré à 4h37:38 l’an dernier.

Du côté des favoris, on notera la présence du tenant du titre, l’Erythréen Ghirmay Ghebreslassie, qui était devenu le plus jeune vainqueur de l’épreuve, l’an dernier, à 21 ans, dans un temps de 2:07:51. Face à lui, on retrouvera Lemi Berhanu (ETH), 22 ans, vainqueur de Boston en 2016, détenteur d’un record personnel en 2:04:33 (Dubai 2016). Son compatriote Lelisa Desisa (PB à 2:04:45 en 2013), 2e à New York en 2014 et 3e en 2015, et double vainqueur à Boston voudrait se rapprocher de nouveau du podium et de la plus haute marche cette année. Wilson Kipsang, auteur de 2h03:58 en février à Tokyo, reste lui sur un abandon à Berlin il y a six semaines. Le double champion du monde de cross Geoffrey Kamworor (KEN) et double champion du monde du semi-marathon sera l’un des autres outsiders. L’icône locale Meb Keflezighi, vainqueur en 2009, courra, à 42 ans, son 26e et dernier marathon, le 11e à New York.

Chez les filles, Mary Keitany (KEN) tentera de remporter une quatrième couronne. Tigist Tufa (ETH) sera sa principale opposante. 3e en 2015, elle avait remporté Londres cette année-là. Edna Kiplagat, 37 ans, vainqueur à New York en 2010, à Londres en 2014 et à Boston en 2017 sera aussi une prétendante à la victoire. L’Américaine Shalane Flanagan tentera dans ce contexte de tirer son épingle du jeu. Christelle Daunay, pour son retour sur la distance mythique, tentera de remonter sur le podium atteint en 2009 (3e), ou de se placer dans le top 5, comme en 2013 et 2015.

Luc Beurnaux – Photos Marc Sullivan Bernal, Lou Bopp.