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Kévin Mayer lancé vers le titre ; Quentin Bigot au pied du podium

Le vice-champion olympique Kévin Mayer, grand favori du décathlon, a réalisé une probante première journée et sera très difficile à déloger.

A mi-parcours, Kévin Mayer est lancé sur d’excellentes bases. 10’’70 sur 100 m (record personnel) ; 7,52 m à la longueur ; 15,72 m au poids ; 2,08 m à la hauteur ; 48’’26 sur le tour de piste (record personnel), le voici largement en avance sur son total de Rio (4 435 points), où il avait battu le record de France (8 834 points) qui lui était tant promis tout en s’emparant de la médaille d’argent.

Mayer mène ainsi le décathlon avec un total 4 478  d’unités, soit 57 de plus que l’Allemand Kai Kazmirek (4 421). Mais quand on connaît la deuxième journée du Français… « C’est la première fois que ça m’arrive et c’une position agréable » corroborait-il.

« Rien de négatif ne s’est passé. Sur 100 mètres, la course était pratiquement parfaite. Il y avait du vent de face à la longueur, j’ai réussi à assurer sur le dernier saut, comme d’habitude. J’ai fait un très bon premier essai au poids, puis j’ai perdu ma concentration. Sur 400 mètres, je n’ai pas subi et j’ai attaqué, alors que c’était compliqué au couloir 2. Il y avait beaucoup de doutes, mais ça s’est mis en route dès que ça a commencé. C’est une journée comme je l’attendais. Pour que je ne sois pas champion du monde, il faudrait que je tombe ou que je me blesse » .

« Je ne peux pas ne pas être fier d’être quatrième, face à des gars comme ça »

Au terme d’un concours d’une grande densité, Quentin Bigot a terminé au pied du podium. D’une insigne régularité tout au long de sa série, entamée sur les chapeaux de roue (77,05 m ; 76,26 ; 77,46 ; 77,67 m ; essai non mesuré puis 76,86 m ), à l’instar de ce qu’il a réalisé cette saison, le lanceur coaché par Pierre-Jean Vazel s’est retrouvé virtuellement troisième à deux reprises.

Mais il lui aura finalement manqué à peine cinquante centimètres pour menacer le Polonais Wojcieh Nowicki (78,03 m) alors que le titre est logiquement revenu à son compatriote Pawel Fajdek (79,81 m), champion du Monde pour la troisième fois consécutive. « Des regrets, je n’en ai certainement pas. Il y a un peu de frustration. Je ne passe pas loin. Ça a été le jeu du chat et de la souris pendant tout le concours. Je savais qu’à tout moment, quelqu’un pouvait me passer devant. C’était rigolo, j’ai pris du plaisir à ça ! J’ai été compétitif. Je ne peux pas ne pas être fier d’être quatrième, face à des gars comme ça. Je vais continuer sur ce que je suis en train de faire avec Pierre-Jean (Vazel). Il faut laisser le temps au temps, ne pas se presser et ne pas faire les erreurs du passé » a réagi Quentin Bigot.

Photo : Getty Images © Copyright