
La plupart des séances d'entraînement s'appuie aujourd'hui sur une donnée précise bien connue, la Vitesse Maximale Aérobie. Physiologistes, entraîneurs, athlètes n'en démordent plus. Pour bâtir un entraînement cohérent et précis, vous devez connaître cette précieuse vitesse exprimée en kilomètres par heure. Un arsenal de moyens est mis à la disposition des sportifs, parmi lesquels on recense des tests de terrain, des extrapolations à partir de la compétition et même des tests réalisés en laboratoire.
Avant les années 80, l'entraînement des coureurs n'était pas fondé sur la Vitesse Maximale Aérobie. Il était question de développement de VO2 Max, notion profondément physiologique issue de la recherche en laboratoire. Le réglage des allures s'effectuait essentiellement à partir des allures pratiquées sur les distances de compétition.
Ainsi, une méthode française de demi-fond des années 70 préconisait deux types d'entraînement susceptibles d'améliorer la VO2 Max. D'une part, des efforts de course qualifiés de "continus" dont la durée était comprise entre 8 et 15 minutes, pour des intensités de l'ordre de 80% de l'allure de compétition, moyennant des pauses longues de l'ordre d'une quinzaine à une vingtaine de minutes. D'autre part, des efforts dits par intervalles qui consistaient en fractions de 1 à 2 minutes effectuées entre 90 et 95% de l'allure de compétition, entrecoupées de pauses courtes comprises entre 20 et 45 secondes, pour éviter que la fréquence cardiaque ne descende sous les 140 battements par minute. Si cette dernière session ressemble étrangement à celles que pratiquent les coureurs des années 2000 sous le nom d'entraînement intermittent, une différence notable subsiste. La vitesse de référence n'est plus un pourcentage de la vitesse sur la distance préparée mais bien VMA.
La question de connaître ou non sa VMA soulève différentes réponses de la part des coureurs. Si, pour certains, cette vitesse constitue la clé de voûte de l'ensemble du développement aérobie et le repère le plus fiable dans le calcul des charges anaérobies, pour d'autres, elle n'est qu'un élément parmi d'autres qui ne nécessite pas qu'on en fasse pareil cas.
Si l'on estime que la progression de toutes les distances et de toutes les catégories passe par un progrès de sa V.M.A., il est utile de la localiser. Que vous soyez décidé à passer un test ou non pour la localiser, il est utile d'avoir en tête certaines caractéristiques propres à V.M.A. : |
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La plupart des coureurs expérimentés connaisse la valeur moyenne de leur V.M.A. avec plus ou moins de précision, d'après les performances qu'ils ont réalisées. Cependant, le problème de la précision se pose d'une façon récurrente puisque la forme du coureur est instable par définition. Elle évolue, se stabilise puis fatalement régresse avant de reprendre son ascension. V.M.A. suit les ondulations de cette courbe, ne serait-ce que dans les fluctuations de la masse corporelle, de l'indice de masse grasse qui influencent directement l'économie de course.
Quant à la plus grande puissance aérobie que le coureur est en mesure de fournir, elle subit fatalement le contre-coup de ces fluctuations, dans des proportions variables selon le degré de désentraînement.
Cette notion d'instabilité de la capacité de performance étant précisée, le coureur ne peut prétendre développer V.M.A. sur des bases constantes tout au long de sa saison. Cette prise en compte du phénomène constitue la première raison de reconduire périodiquement, à des dates charnières, un test d'évaluation de sa Vitesse Maximale Aérobie.
Si différentes méthodes permettent de cerner V.M.A., toutes ne possèdent pas les garanties de fiabilité nécessaires. Vous pouvez tenter d'apprécier la plus grande vitesse possible à VO2 Max en courant la plus grande distance dans un temps compris entre 5 et 8 minutes.
La validité d'un tel effort est discutable à plusieurs égards. Primo, vous ne serez peut-être pas parvenu à équilibrer votre effort au cours de ce test en suivant un rythme trop faible au début, soit une perte de distance qu'il est impossible de combler, même en finissant beaucoup plus vite. À l'opposé, l'erreur du train trop rapide en début d'effort vous aura pénalisé sur la fin. Enfin, même si votre science du train vous aura permis d'adopter une allure stable tout au long du parcours, il n'est pas certain que celle-ci correspondra à votre V.M.A., puisque vous vous serez imposé un rythme aléatoire, probablement inférieur à vos possibilité d'endurance. À moins d'avoir passé un test fiable au préalable, démarche absurde, votre résultat restera une appréciation grossière peu satisfaisante pour répondre à une base de travail s'inscrivant dans une progression de charges aérobies et anaérobies.
Cette fiabilité n'étant pas acquise lors des efforts sans fondement sérieux de rythme, il reste une solution qui s'est bien généralisée dans l'hexagone, un test progressif mis au point par des chercheurs canadiens, Luc Léger et Robert Boucher. Le coureur, guidé par un signal extérieur en rapport avec des repères visuels disposés le long d'une piste, est amené à augmenter progressivement sa vitesse (de 1km/h lors de chaque palier de 2 minutes). Lorsqu'il n'est plus possible de suivre le rythme imposé par les bips sonores de la cassette pré-enregistrée, le coureur abandonne. Son dernier palier atteint correspond à sa VAM.
Le principe astucieux a été repris en France par un test dérivé de son homologue canadien, et commercialisé sous le nom de VAMEVAL.
Quoi qu'il en soit, l'avantage majeur de ce type de test sur tout autre moyen d'évaluation se résume en un point : vous êtes guidé de A à Z. L'erreur de rythme n'a plus cours.
Au plan de l'interprétation des résultats, il faut savoir qu'une amélioration de la vitesse du dernier palier peut être interprétée comme une amélioration de la P.A.M., (quantité d'énergie par unité de temps lorsque vous avez atteint VO2 max) ou comme un abaissement du coût énergétique de votre course ou encore, les deux à la fois. Toutefois, l'essentiel reste l'augmentation de la vitesse que vous utilisez pour définir vos charges d'entraînement.
Si vous ressentez des doutes quant à la justesse de votre performance au test, vous pouvez toujours les dissiper en y apportant une confirmation. Partez pour un test d'endurance à la vitesse du dernier palier et faites en sorte de la tenir le plus longtemps possible. Abandonnez la course dès que vous n'êtes plus en mesure de l'assurer.
Pascal Haudicot.
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