
A 30 ans, l’Alsacien Michael Boch détient un record de 7h06’53’’ sur 100 km. Cette performance réussie l’an passé sur le circuit difficile de Belvès lui avait suffi largement à décrocher sa sélection en équipe de France. Lors des mondiaux organisés aux Pays-Bas, il avait fini au courage à la 15e place en 7h08’55’’, suite à un début de course un peu trop rapide eu égard à la chaleur et à un taux d’humidité élevés. Néanmoins, ce résultat lui a permis de conserver sa place au sein du team national et le 22 avril, accompagné de 5 autres français dont on attend de connaître officiellement les noms, il prendra part en Italie aux mondiaux de la discipline, où fort de plus d’expérience ce double vainqueur des 100 km de Millau espère se rapprocher des 7 heures et concourir au succès collectif de l’équipe, apte à se hisser une fois de plus sur le podium. Voire sur la plus haute marche.
.Depuis les 100 km de Millau fin septembre as-tu effectué une coupure ?
-J’ai ralenti, j’ai suivi une entraînement plus léger, mais je n’ai pas coupé complètement et je n’ai participé qu’à une compétition. Le 30 octobre, en Alsace j’ai couru un marathon sur piste. Sans objectif et sans vraiment forcé, j’ai réalisé 2h37’. Il ne s’agissait pas d’une course officielle. C’est un copain, qui avait eu l’idée d’organiser cela et ça s’est fait en petit comité. Je sais être raisonnable. Je tiens à être en forme lors des mondiaux des 100 km le 22 avril. Ensuite, j’ai fonctionné à l’envie et j’ai participé à quelques cross, mais sans suivre une préparation spécifique. Là, petit à petit je me focalise de nouveau sur le 100 km. L’échéance va arriver dans moins de 90 jours. Pour l’instant je me débrouille seul, mais bientôt je vais suivre un plan conçu par Bernard Brun. Le stage de regroupement de l’équipe de France, prévu fin mars à Feurs dans la Loire va venir vite et après, il ne restera plus que 3 semaines avant ce rendez-vous.
. En quoi devrait consister cette préparation spécifique ?
-Petit à petit le volume kilométrique va augmenter et l’on va également axer le travail sur l’allure 100 km. Toutefois, je n’excéderai pas 150 km par semaine. Au-delà, ça ne passe pas, car je dois concilier l’entraînement avec mon travail de fonctionnaire auprès du ministère de la justice. Mes horaires varient. Une fois, je peux être de la journée et l’autre de nuit. Aussi dans le plan, je pense inclure un semi et un marathon à aligner en respectant une moyenne de 4’ au km, afin de tenir un rythme de 4’12’’ durant cent bornes.
. Qu’attends-tu de cette seconde sélection ?
-Je crois que nous avons les moyens de viser un podium par équipe. Cependant, je préfère ne pas trop m’avancer quant à la couleur de la médaille. Je pense qu’à domicile, il ne va pas être évident d’aller chercher les Italiens, qui possèdent un bon collectif avec notamment Calcaterra, le champion du monde en titre, régulier sous les 6h30. En tous cas, on va s’arracher. L’équipe est soudée. Egalement, nous serons à la lutte avec les Américains et Michael Wardian au sein de leur team. L’an passé, il avait fini second. Par contre, même s’il a beau être rapide avec un record de 2h17’ au marathon, je trouve qu’il cumule trop d’épreuves et qu’il risque de se blesser, bien qu’il soit costaud. Au plan personnel, j’aimerais bien me rapprocher des 7 heures. Là, il faudra partir plus prudemment qu’à Winschoten. C’était mon premier championnat du monde et je manquais d’expérience. Ca n’a rien à voir avec une épreuve en France. Là, il y a de la densité et chaque erreur fait perdre des places. Pareil, il s’agira de boucles. 5 de 20 km et un parcours plat, où il faudra se freiner au départ.
. Une fois les mondiaux passés, sans doute chercheras-tu à décrocher une 3e victoire consécutive à Millau ?
Au niveau du calendrier il est tout à fait possible d’enchaîner ces deux 100 km. Mais pour l’instant je me concentre sur cet objectif de printemps. Donc, concernant Millau on verra plus tard. Après, dire que je n’y pense pas serait mentir. Une 3e victoire consécutive en Aveyron, quel athlète concerné n’y songerait pas ? Millau reste la Mecque du 100 km. Pour moi en matière d’ultra, c’est là que tout a commencé. J’y attache une dimension affective.
. Et pourquoi ne pas rêver carrément à 10 victoires, pour détrôner Jean-Marc Bellocq qui en possède 9 ?
-Là, on est dans le domaine du rêve. Même si je n’ai que 30 ans, je me dis que ça fait beaucoup. En plus, Jean-Marc était un phénomène.