
Lentement, au fil des heures les écarts se creusent. Toutefois, c'est encore loin d'être significatif, puisque la mi-course n'a pas encore été atteinte. Si Christian Leroux a été contraint à l'abandon en raison d'un problème de vessie. Il ne parvenait plus à uriner que du sang et le médecin lui a conseillé d'arrêter et de se rendre aux urgences pour un examen. Bernard Gaudin, lucide usera de cette sentence : « Même si la mort dans l'âme, il a dû arrêter, la santé prime ».

A l'inverse Philippe Propage, l'entraîneur de Philippe Propage le leader actuel semble euphorique : « Stéphanne est passé en 8h50' au 100 km. Sur l'ensemble des dix premières heures, il a tenu une moyenne de 11,5 km, conformément à ce qui était prévu. Désormais, nous allons ajuster en fonction de ses sensations. Tous les 4 tours, dès qu'il aborde le ravitaillement, il marche 20 secondes, pour s'alimenter. Peut-être allons-nous allonger la durée de ce passage au ralenti. En tous cas, depuis le début de l'épreuve, il n'a pas connu un souci. Toutefois, seules 10 heures d'effort ont été accomplies. Ce qui en matière de 24 heures correspond à l'échauffement. De mon point de vue, la course débutera réellement à la 15ième heure. Les conditions athlétiques dicteront la fin. S'il n'est pas réellement au top, il finira mal et à l'inverse il passera les 250 km, l'objectif que nous avons fixé. Je découvre cet athlète de 37 ans. Aujourd'hui, il participe à sa 3ième course, et il n'a couru que des 24 heures. »
Passionné, Bernard Gaudin ne manque pas une minute de l'épreuve et fort de son expérience en matière d'ultra, il dissèque la progression des favoris, ce que Jean-François Pontier résume à « Un tour des popotes ».
Selon Bernard : « Collard est le plus frais du groupe. Derrière certains commencent à se sentir moins à l'aise, notamment Bruneteau et Pascal Martin qui accusent le coup. Par contre Dominique Provost revient. Aussi, ne nous affolons pas, ces athlètes se tiennent dans un mouchoir de poche et tout peut encore changer d'une heure à l'autre. Au plan féminin, Sylvie Boissy surprend. Depuis la première heure, elle maintient une moyenne de 10,5 km/h, alors que Magali Reymonenq commence à s'étioler.
Concernant Sylvie Boissy, Jean-François Pontier refuse de s'enthousiasmer : « Comment va-t-elle passer la nuit ? Pour l'instant, elle n'a jamais couru 200 km ».
Quant à Pierre Maria, elle reste régulière et créera peut-être la surprise.
Heureusement pour les concurrents, il ne pleut plus et le vent s'est calmé. Sans doute est-ce la raison pour laquelle, les coureurs les plus sages qui lorsqu'il pleuvait avait adopté une attitude d'attente peuvent envisager un futur moins chaotiques que certains.
Le top 10 :
Stéphane Collard, 111,386 km Moyenne : 11,17 km
Patrice Bruneteau, 108,702 km
Dominique Provost 107,360 km
Pascal Martin 104,676 km
Thierry Douriez 101,992 km
Magali Reymonenq 100,650 km
Sylvie Boissy 99,308 km
Eric Vernet 99,308 km
Jean-Paul Plazanet 99,308 km
Christophe Rochotte
Photos : Christophe Rochotte