
Un site internet américain a lancé un sondage - débat original en posant la question suivante :
Si Haile Gebrselassie et Scott Jurek disputaient ensemble la Western State Endurance Run, qui en sortirait vainqueur ?
Haile Gebrselassie est le maître incontesté du marathon, le seul homme au monde à avoir couru sous les 2h 04' avec le temps de 2h 03'59 ». Un monstre d'endurance.
Scott Jurek est lui aussi un autre monstre d'endurance, considéré Outre Atlantique comme le meilleur ultra trailer, l'ambassadeur absolu du monde de l'ultra avec un palmarès aussi long que la route qui mène de Athènes à Sparte. Son palmarès est éloquent avec 3 victoires au Spartathlon, 7 fois vainqueur à la Western State avec un record à 15h 36 ' pour 160 km et 2 fois victorieux de la Badwater.
En dehors de leurs qualités respectives de coureur, ils ont un autre point commun, ils ont le même âge soit 37 ans.
Et puis bien sûr celui de « bouffer » beaucoup de kilomètres pour être chacun le maître dans leur discipline respective.
Sur les chemins de la Western State, ce duel n'existera jamais mais il fait rêver et délirer à bon compte. Pourquoi s'en priver ?
Il est certain que Haile a toujours pratiqué le trail sans jamais le savoir. D'ailleurs, il est fort à parier qu'il ne connaît rien de ce type de course très officielle désormais.
Alors à mettre à son actif : son endurance exceptionnel, sa vitesse exceptionnelle, son extraordinaire qualité de pied, un kilométrage hebdomadaire dépassant les 200 km, des lieux d'entraînement presque exclusivement en milieu naturel, sur chemins très vallonnés dominant Addis Abeba sur la colline de Entoto à 3000 m d'altitude.

Et sur le plan négatif : la peur de se blesser, la peur de l'inconnu que représentent tant d'heures de course, l'apprentissage au niveau alimentaire et digestif, l'hydratation en course.
Quant à Scott Jurek (au meilleur de sa forme, ce qui ne fut pas le cas en 2009), il a bien sûr pour lui la connaissance parfaite de ce genre de course, une ultra endurance trail, une maîtrise totale pour évoluer dans un tel environnement. Il maîtrise également parfaitement le côté alimentation en course (c'est même l'une de ses forces).
Et ses points faibles : sa vitesse de base beaucoup beaucoup plus faible que l'Ethiopien. En comparaison, « sur le papier », c'est une grosse charue.
Alors lequel des deux serait le grand vainqueur sur le stade de Auburn ?
Sur un parcours tel que celui de la Western State, très facile avec des sentiers peu techniques (Jurek a un record à 15h 36' soit une moyenne supérieure à 10 km/heure), et un ensemble très roulant, Haile Gebrselassie pourrait théoriquement tirer son épingle du jeu. A condition que cette mécanique de haute précision ne se dérègle pas à la première racine. Comme on a pu l'observer lorsque l'Ethiopien passa du 10 000 m au marathon en 2002 à Londres (victime de crampes) avec un temps d'adaptation plus long que prévu. Alors là, sur un tel format de course longue de 160 km et 3500 m +, on peut craindre le pire pour la foulée limpide du roi du marathon.
Bon finalement, on arrête de rêver. Et puis, la boucle de ceinturon offerte au vainqueur n'est pas en or massif. Donc... !!!