
Il neige en abondance sur les Hautes Alpes et les coureurs vont pouvoir se délecter de poudreuse. Par contre ce que d’aucuns appréhendent telle une épreuve de reprise risque de ressembler plus à parcours du combattant en raison de la nature du manteau neigeux. Comme l’indique Patrick Michel, l’initiateur de ce concept : « Ce n’est pas forcément le plus rapide qui l’emportera, mais sans doute le plus costaud. Il faudra un gros mental » Néanmoins, dimanche près de 800 participants tenteront de braver les éléments. De quoi satisfaire l’organisateur, heureux de déclarer : « 10 ans en arrière quand j’ai lancé le premier trail blanc, j’ai été considéré tel un allumé. Maintenant, il en existe dans tous les massifs »
. T’attendais-tu à autant de neige ?
-Là, il y en a beaucoup et peut-être serons-nous obligés de modifier le parcours. Dans les hauts, le circuit passe près d’un couloir d’avalanche et l’on ne va pas prendre de risques si cette nuit il tombe un mètre de neige. On avisera demain après-midi. Deux options s’offrent à nous : soit on réduit la distance et il ne restera plus que 20 km, soit on varie légèrement l’itinéraire et il demeurera les 30 km prévus. Normalement, la seconde possibilité devrait prévaloir. Cependant, on ne jouera pas avec la sécurité.
. Pourquoi l’épreuve n’est-elle plus inscrite au TTN ?
-Ce challenge manque de visibilité. Le Trail Blanc marquait l’ouverture du TTN et il y avait peu de communication autour de cet aspect. En plus, je n’étais pas d’accord avec le principe des bonus. Aussi, il comportait trop de compétitions. Enfin, je pense qu’avec tous les challenges qui le concurrencent, il s’étiole. Donc, il serait plus logique de décerner le titre de champion de France à l’issue de la course d’un jour, où se retrouverait toute l’élite. Par contre, nous venons de créer le Challenge Run Azur qui outre le Trail Blanc regroupe le Trail de Chabanon dans les Alpes-de-Haute-Provence 22 janvier et la Snow Race Lafuma de Montgenèvre, le 18 mars.
. Cette année qui places-tu parmi les favoris du Trail Blanc ?
-Michel Lanne, Laurent Beuzeboch, Hervé Giraud-Sauveur, Vincent Delebarre, Ludovic Pommeret et des Italiens. Chez les féminines, aucune française ne semble en mesure de rivaliser avec la Transalpine Marina Plavan. A moins que Corinne Favre décide de s’inscrire à la dernière minute.
. Comment qualifierais-tu le parcours ?
-Intrinsèquement il n’est pas difficile. Il n’y a pas de longues montées, mais plus des bosses de 150 mètres. Le dénivelé ne dépasse pas 700 mètres. Toutefois la neige le rend très exigeant. Là, ça va brasser. La majeure partie du tracé aura beau être damée, comme il y a eu des variations de températures, la vieille neige ne sera pas dure et les coureurs auront l’impression de progresser dans du sable. Et sur les portions « Trappeurs », par endroits ils s’enfonceront jusqu’au genoux. Voilà pourquoi le vainqueur ne sera pas forcément le plus rapide, mais un gars avec un gros mental.
. Pour quelles raisons le Trail Blanc connaît un tel succès ?
-Déjà, les spectateurs peuvent suivre facilement la course en se rendant en de nombreux points du parcours, qui traverse des petits villages. Après, il règne une vraie ambiance montagne. A l’arrivée la soupe mijote dans un énorme chaudron et ensuite on partage la Tartiflette au chalet. Reconnaissons que l’environnement est magnifique. Et depuis 10 ans nous bénéficions d’une notoriété liée au fait que nous avons toujours su satisfaire les coureurs. Même lors de conditions apocalyptiques. Enfin, nous sommes généreux. Chacun repart avec un beau cadeau.
. Sinon collabores-tu toujours avec Dawa Sherpa ?
-Oui je travaille avec lui sur les courses qu’il organise au Népal et à Bali. Egalement, je le prépare en vue des JO de Sotchi. Il voulait arrêter après Vancouver, mais le Népal lui a demandé de repartir pour une olympiade.
