
Sur ce parcours de 50 miles cumulant 3000 mètres de dénivelé positif, Mike Wolfe familier de la montagne et plus particulièrement des Rocheuses, puisqu’il réside dans le Montana a fini par s’imposer en 6h19’ à l’issue d’une épreuve riche en rebondissements.
Si au moment du départ, le vent soufflait fort et semblait pétrifier les coureurs, au fil des heures les conditions de course s’amélioreront nettement et les compétiteurs finiront par bénéficier d’un été indien peu commun.
Lorsque le soleil pointera au zénith sur la Baie de San Francisco, la température avoisinera les 25°. De quoi favoriser le délire inhérent à ces grands-messes du Running US, où l’événement tourne au show, réminiscence d’un festival musical des seventies.
Tout semblait bien parti pour les deux frenchies, Grégory Vollet et Christophe Malardé leaders pratiquement jusqu’à la mi-course. Hélas, le premier en proie à des troubles de l’estomac et le second souffrant de contractures abdiqueront.
Derrière eux, la meute américaine emmenée par Michael Wardian prendra le relais. Celui-ci, titulaire d’un record de 2h17’ au Marathon et vice champion du monde des 100 km, pourtant favorisé par ce circuit peu technique lui permettant de dérouler sa foulée aérienne vivra un calvaire à partir du 55e km.
Néanmoins, il refusera de capituler et parviendra à rejoindre le finish en capilotade, juste derrière la 3e féminine.
Livide, mais lucide il admettra la réalité du jour :
« Aujourd’hui ma tête voulait, mais pas mon corps. Je ne trouve pas d’explications. Je ne cherche pas d’excuses non plus. Toujours est-il qu’au 35e mile, j’ai été frappé par une terrible défaillance. A un moment, je me suis demandé si j’allais pouvoir rallier l’arrivée. Je me suis accroché, parce que je refuse de concevoir l’idée d’abandonner. Il s’agit d’une question de respect des autres concurrents, qui comme moi vivent des hauts et des bas »
Au top ce jour, Mike Wolfe et Dakota Jones s’échapperont naturellement du pack et fileront de concert sur ces monts californiens jusqu’à 10 km du but.
A ce point, sans avoir besoin de porter une ultime attaque, Mike Wolfe s’en ira seul vers son destin et l’emportera en 6h19’. Le visage maculé de sang séché, il sera interpellé quant à cette incarnation christique et répondra : « J’ai heurté une branche et le sang a giclé. C’est tout »
Concernant ce triomphe, il ajoutera :
« Je suis parti prudemment. J’ai suivi et quand nous n’étions plus que deux, je n’ai pas cherché à accéléré. Mais, dans les bosses je prenais toujours un avantage. Ce qui le contraignait à forcer dans les descentes pour revenir. Donc, j’ai compris que c’était jouable. Dans la dernière côte, il a lâché et je ne l’ai plus jamais revu »
Quant à Mr Jones, à peine 21 ans et second en 6h22’, il admettra :
« Tout simplement, il était plus fort et il possède plus d’expérience que moi »
Le Canadien Adam Campbell complétera le podium en 6h34’30’’.
La course féminine consacrera une nouvelle fois la Néo-zélandaise Anna Frost, qui indiquera :
« J’ai laissé filer Lizzy Hawker. Mais jamais elle n’a pris plus d’une minute. Mes amis me communiquaient les écarts. Je ne m’inquiétais pas. Quand, je l’ai doublée, je ne me suis pas sentie sûre de moi. Jamais, je n’avais affronté Ellie Greenwood. J’ai toujours eu peur qu’elle revienne. Enfin, je suis soulagée. J’ai réussi à la maintenir à distance »
Victorieuse en 6h56’, elle précède Ellie Greenwood, 7h07’16’’ et Joëlle Vaught, 7h40’41’’.
Lizzy Hawker en délicatesse avec un tendon d'Achille et des soucis pulmonaires récurrents depuis son épopée népalaise coupera son effort à la moitiè.
Ainsi s’achève la première journée de ce festival, qui se poursuivra demain avec au programme des distances plus courtes, à l’instar d’un 10 km et d’un semi marathon.
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