
Alors que les présidents Sarkosy et Medvedev se sont rencontrés cette semaine à Paris afin, entre autres sujets, de célébrer l'année de Russie en France et de la France en Russie, les 22000 participants au semi marathon ont dû affronter des conditions climatiques, dignes d'un hiver sibérien.
Un vent glacial balayera le parcours et la température n'excèdera pas 3° en dessous de zéro et nombre de coureurs souffriront du froid.
Notamment les Africains, en France depuis seulement vendredi, qui subiront là une amplitude thermique d'envergure.
Cependant, ces athlètes compétiteurs dans l'âme ne sauraient se laisser tourmenter par de telles vicissitudes et si aucun record ne tombera, ils parviendront malgré tout à s'adapter et à régner sans partage.

A la lecture du plateau, en l'absence de l'élite française préférant privilégier le national de cross prévu également ce dimanche 07 mars, ou s'abstenir pour X raisons, il apparaissait que la lutte pour les victoires féminine et masculine allait se réduire à un match Kenya-Ethiopie. Seul, le Rwandais Dieudonné Disi, titulaire d'un record de 59'32'' aurait pu se mêler au combat et contester la suprématie des représentants de ces deux nations. Mais, blessé à une cuisse il abandonnera au 10ième km.
La course masculine
Rapidement, 5 concurrents de l'Afrique de l'Est prendront le large. Parmi eux les Kenyans Wilson Kiprop et Jairus Chanchima, plus les Ethiopiens Lelisa Desisa, Bettona Sahle Warga et Raji Assefa.
Responsables du plateau, René Auguin prendra soin de noter les principaux temps de passage : 2'50'' au 1er km, 5'40'' au second, 14'14'' au 5e, 28'34'' au 10e, 43'29'' au 15e et 58'30'' au 20e.
Durant les 8 premiers kilomètres, ces protagonistes comme poussés par le souffle d'Eole, de grandes espérances en matière de performances semblaient de mise.
Or, dès le 8e km le vent tournera et l'allure baissera forcément. D'autant plus, que bien que confrontés à cette brise intense, les Ethiopiens rejetteront la proposition des Kenyans de les relayer.
Les Ethiopiens refusant de mener, les Kenyans et principalement Wilson Kiprop se porteront en tête, effectuant de la sorte un effort plus conséquent.
La victoire se jouera au sprint. Déterminé et impressionnant Kiprop résistera et l'emportera en 1h01'28'' avec une seconde d'avance sur Desisa, 1h01'29''. Sahlé Warga complétera le podium en 1h01'33''.
Kiprop déclarera : « Je suis très heureux. J'ai vraiment dû me battre pour gagner. Il s'agissait aujourd'hui de mon retour à la compétition. Il m'a fallu 7 mois pour me remettre d'une fracture de fatigue. A un moment j'étais tombé dans le surentraînement et suite au semi d'Engelo aux Pays-Bas, j'ai contracté cette blessure. En mai, je vais peut-être courir le marathon de Prague »
Plus loin, en 13e position et en 1h 07'03'' pointera Antoine de Wilde, premier Français, qui là prenait part à son premier semi marathon : « Je reconnais que j'ai commis une erreur. Je suis parti trop vite. Je voulais éviter d'être isolé, mais face au vent, j'ai payé la note et j'ai souffert. Mais, je me suis accroché. Je ne regrette rien. J'ai beaucoup apprécié ce type d'effort. Quand j'aurai récupéré, je vais en préparer un autre. Dans de bonnes conditions et en étant régulier, je suis convaincu de passer sous les 1h 05' » : commentera-t-il épuisé.
La course féminine
Cette fois, le match Kenya-Ethiopie tournera à l'avantage de l'Ethiopie.
Les 4 Ethiopiennes et la Kényane Miriam Wangari resteront groupées et accompagnées d'hommes jusqu'au 15e km.
Jusqu'au 8e km elles progresseront à une moyenne de 3'20'' au km. Ensuite du 8e au 15e km, le rythme oscillera entre 3'22 et 3'30'', avant de renouer avec les 3'20 en fin de course. Beyene Tsegaye Tirfi lancera la première attaque au 15e km. Miriam Wangari ne pourra résister et laissera le quatuor Ethiopien s'en aller.
Puis Tirfi et Baysa Atsede réussiront à s'échapper au train. Semblant avoir mené une course d'attente Atsede produira une accélération au 19e km sans donner l'impression de forcer son talent et franchira la ligne d'arrivée la première en 1h11'06''. Elle précède Tirfi, 1h 11'14'' et Halima Beriso, 1h 11'36''.
Les deux premières courront le Marathon de Paris et d'après René Auguin, cet alchimiste des plateaux, il verrait bien Baysa Atsede sous les 2h 23'.
Maria Lopez de Tejada, première Française terminera 7e en 1h18'31'' et la vétérane Nathalie Vasseur, 8e en 1h21'42''.
Traditionnellement organisé un mois avant le Marathon de Paris, cette expérience dantesque que fut aujourd'hui le semi aura servi à endurcir tous les participants qui s'élanceront bientôt pour 42 km à travers la plus belle ville du monde.
Pour les résultats, consulter la rubrique résultats
Christophe Rochotte - Photos : Christophe Rochotte
Vidéo en ligne dès mardi après midi