
Des déclarations ont filtré la semaine dernière du camp d'entraînement de l'équipe nationale kenyane de cross. Juste avant les Mondiaux de samedi, à Bydgozcsc en Pologne, les ténors masculins de la sélection n'ont pas caché leurs ambitions, encouragés par leur Fédération dans la chasse à la médaille d'or individuelle. Les Mondiaux de cross ouvrent d'ailleurs une année importante pour le Kenya, hôte des 17es Championnats d'Afrique en juillet prochain.
Depuis 1999 et le dernier titre mondial de Paul Tergat à Belfast, pas un Kenyan n'a ramené de médaille d'or à Nairobi, au pied de la statue de Jomo Kenyatta. Il y eut pour leur barrer la plus haute marche du podium : le Belge Mohamed Mouhrit en 2000 et 2001, puis l'insatiable Kenenisa Bekele, sauf en 2007 à Mombasa et l'an passé à Amman où il avait laissé respectivement le champ libre à l'Erythréen Tadese et à son
compatriote Gebremariam.
Parmi les sélectionnés, Leonard Komon, 22 ans, est particulièrement attendu. En 2008, à Edimbourgh, il avait pris une très belle médaille d'argent derrière Bekele. L'an passé à Amman, il finissait 4e, et meilleur Kenyan. Cette année, le Mondial aura une portée symbolique pour Leonard qui a perdu sa mère début mars. "C'est un travail d'équipe, mais je veux gagner cette médaille d'or pour la dédier à ma mère" a-t-il averti, avant de quitter le camp pour l'enterrement de cette dernière. "Malgré tout, je reste concentré sur les Mondiaux", a-t-il aussi ajouté.
Komon n'est pas le seul à lorgner la couronne planétaire en Pologne. Le team Kenyan peut aussi compter sur un nom bien connu des observateurs du 3.000 m steeple, Richard Maatelong, qui fait ses grands débuts au sein de la sélection nationale de cross-country. Maatelong est confiant, car il voit ''la lumière à la sortie du tunnel'', faisant référence aux fortes pluies et à la boue qui ont perturbé la préparation. Malgré ces conditions d'entraînement délicates, il appelle ses coéquipiers à rester concentrés, et à faire tous les efforts nécessaires pour conquérir le monde. On attend aussi de voir comment va se comporter Paul Tanui (photo ci-contre), lui qui avait outrageusement dominé les Trials le mois dernier avec 30 secondes d'avance sur son dauphin.
Les Kenyans sont donc décidés à briller. Ils doivent se rappeller les conseils du trésorier de la Fédération, Joseph Kinyua, qui lors d'un passage au camp, n'a pas manqué de leur dire : "Vous devez penser que nos ennemis ne vont pas réussir. Vous êtes la tête de course, et non pas la queue." Une chanson à se repasser en boucle, si l'un d'eux veut succéder à Paul Tergat. Car 1999, c'était il y a déjà 11 ans...
Arnaud Bébien