
Quel beau duel entre David Rudisha et Abubaker Kaki ! C'était l'affiche du meeting d'Oslo et celle-ci a tenu toutes ses promesses, enthousiasmant ce public de connaisseurs qui attendait secrètement que le record du monde du 800 m puisse tomber au terme de ces deux tours en folie.
Mais le record du monde du 800 m toujours détenu par Wilson Kipketer est un record d'extra-terreste. Avec 1'41 »11, cette marque est solidement verrouillée au panthéon des records depuis 13 ans et même avec tout le talent que l'on prête à ces deux coureurs, la chute de celui-ci n'est peut être pas encore venue.
David Rudisha est incontestablement le coureur le plus talentueux de sa génération. 4ème performer mondial de tous les temps avec 1'42 »01 » derrière Joachim Cruz 1'41 »77, Sebastien Coe 1'41 »73 et Wilson Kipketer 1'41 »11), le Kenyan est potentiellement le seul à pouvoir descendre sous les 1'42 » et s'approcher au plus près d'un record qui aujourd'hui peut paraître aux yeux de certains très suspicieux.
David Rudisha est arrivé sur le double tour de piste après avoir débuté sur 400 mètres, comme son père, Daniel qui fut médaillé d'argent avec le relais 4 x 400 m kenyan lors des J.O. De Mexico en 1968.
Mais très vite, Brother Colms, le célèbre curé entraîneur d'Iten, spécialiste du 800 m, recale ce jeune talent sur 800 m, une distance sur laquelle il devient champion du monde juniors à Pékin en 2006.
La suite, elle est connue des statisticiens, soit une progression explosive avec 1'42 »01 l'an passé à Rieti à l'âge de 20 ans après un Mondial calamiteux (éliminé en demi finale) et ces 1'42 »04 pour un début de saison en fanfare sur la piste d'Oslo.
Dans cette course au record où tout au moins dans ces tentatives de record, David Rudisha a trouvé le parfait challenger en la personne de Abubaker Kaki, le Soudanais, son dauphin à Oslo crédité de 1'42 »23, sacré champion du monde en salle à Doha cet hiver.
Dans un athlétisme ultra dominé par la présence de Usain Bolt captant tous les projecteurs, ce coup de fraîcheur sur le 800 mètres remet dans la lumière la distance reine du demi fond.
Photo Jiro Moshizuki - agence Shot