
Et les Qataris dans tout cela ?
On aura remarqué une présence bien discrète de cette équipe composée d'un sauteur en hauteur (Mutaz Essa Barshi), d'un sprinter (l'ancien Nigérian Samuel Francis qui fut porte drapeau et 5ème du 60 m) et de quelques coureurs.
Il est loin le temps où la presse traquait ces coachs payés rubis sur ongle (comme l'Italien Renato Canova entraîneur des coureurs « kenyans ») pour monter une équipe de francs tireurs en puisant tout particulièrement dans le vivier Kenyan. Le Cas Shaheen, ce coureur de steeple volé au Kenya, fut un coup de maître et jeta les projecteurs sur une politique qui ne manqua pas d'être vivement critiquée.
Mais cette volonté de faire flotter le drapeau qatari dans le ciel des stades a changé. Certes, ces coureurs de demi-fond expatriés brillent sur le continent asiatique (ils n'ont pas de mal compte tenu de la faiblesse de ce continent dans toutes les courses du 800 au 10000 mètres) mais cette vitrine ne suffit plus aux dirigeants de cet état pétrolier et financier.
Il se mesure désormais dans la capacité que peut avoir ce pays à organiser de grands évènements internationaux plus que dans la force d'une équipe d'athlétisme de moins en moins convaincante.
Le Aspire Dôme construit par le même cabinet d'architectes que le Stade de France à Paris, abritait durant ces 3 jours les Mondiaux Indoor. Et cette salle qui occupe pas moins de 700 employés tous expatriés accueillera tout prochainement les Mondiaux de gymnastique.
Avec en ligne de mire une position de choix parmi les futures candidatures pour l'organisation du Mondial de Foot.
Par ailleurs l'Etat Qatari entend créer un centre de pointe dans le domaine de la lutte anti dopage (Un centre régional devrait ouvrir tout prochainement) et a développé une unité haute performance dans le domaine de la préparation physique pour tous les sports (comme la possibilité de suivre un entraînement dans des conditions reproduisant les effets d'altitude). D'ailleurs, ce Mondial servait de vaste opération de lobbying pour promotionner ce centre auprès des fédérations présentes à Doha. On aura ainsi remarqué l'arrivée de certains membres de l'équipe de France d'athlétisme (qui ne participaient pas à ces championnats) pendant ce Mondial pour passer des tests de forme physique.
Alors dans une telle stratégie politico-sportive, une breloque quelque soit son métal n'aurait pas pesé bien lourd dans la balance.
Texte et photos Gilles Bertrand