Athletisme - doha 2010 - triple saut. Teddy tamgho bat le record du monde !
Publié le 17 mars 2010 à 00h00
Teddy Tamgho frappe un grand coup en finale, il s'adjuge le record du monde avec un bond à 17.90 mètres ! Il remporte du même coup le titre et supplante les deux Cubains Betanzos et Girat.
C'est à son dernier essai que le Français a réussi cette énorme performance ! Il était jusqu'à ce moment-là second du concours, derrière le Cubain Betanzos qu'on croyait avoir torpillé le concours avec une marque à 17,59 mètres dès son premier essai.
Tamgho, lui, avait balancé un joli 17,41 mètres à son 1er essai, ce qui le plaçait déjà sur la 2ème marche du podium, et il n'a jamais perdu cet avantage. Malgré tout, il est demeuré très combatif jusqu'au bout des cinq essais.
Voici ses propos recueillis juste après ce saut magique, le drapeau sur les épaules, le sourire angélique, la bouille heureuse du gamin qui a joué un sacré tour : "Lorsque le Cubain a répondu, je me suis dit : "Maintenant tu prends des risques. C'est pour cela que je mords deux essais. Je me suis dit je vais passer à la trappe".
Mais Teddy a réussi ce qu'il avait échoué à faire à Berlin, garder en lui l'énergie positive qui lui permet d'aller vite. C'est d'ailleurs ce qu'il dit à son entraîneur peu avant d'entrer dans le vif du sujet : "J'ai fait un saut à 4 foulées et j'ai vu qu'en bondissement, j'étais bien". Il rejoint alors le coach et lui dit par dessus la rembarde : "Bon j'arrête car je me sens bien. J'arrête de m'échauffer car ça va se jouer dans la course et je suis rapide. Je n'avais plus qu'à attendre. J'avais mes 6 sauts devant moi".
Devant lui, c'est le monde qui s'ouvre à lui. "Run, run, run", c'est ce qu'il se répète en prenant le maximum d'énergie". Car il veut tordre le cou à tout ce qu'il a entendu cet hiver : "Oui j'ai entendu par ci par là, que le Teddy il était décevant. J'ai entendu des choses qui ne m'ont pas plu".
Alors il remet le compteur à zéro et parle, parle avec une fraîcheur qui fait si plaisir : "Un athlète ça ne ment pas, un jour c'est haut, un jour c'est bas et je sais que des bas j'en aurai d'autres et c'est à ce moment-là que j'aurai besoin de soutien".
Aller vite, garder la tête haute, penser à ceux que l'on aime et qui ont soutenu Teddy dans l'après Berlin, il cite Ladji Doucouré, sa maman, Dieu également, et un petit signe de la main à cette équipe de France qui attendait enfin un rayon de soleil sous ce dôme.
Ce fut en fait une explosion de neutrons : "Il fallait que je me réveille. Je ne me suis pas posé de questions. J'ai mordu deux très beaux sauts qui étaient proches du record du monde. Et la bombe à retardement elle a vraiment explosé". Pour que Teddy retombe à 17,90 m, à la frontière des 18 mètres. Unique, unique, unique.

Puis il est revenu sur sa technique parce qu'il n'oublie pas d'être un fin technicien malgré ses jeunes 20 ans : "Ce n'est pas un grand saut mais le plus important était d'aller vite et loin".
"Je suis un gars qui veut toujours plus", c'est ce qu'il exprime avec un sourire à croquer. Il fait un petit clin d'oeil à sa banlieue si souvent fataliste : "Dans mon quartier, on dit tout le temps, faut aller au charbon. Et bien j'y suis allé. J'étais transcendé. Je me moquais du résultat final, seule allait compter la médaille. Regardez Lapierre à la longueur il gagne le titre avec un petit saut".
Teddy Tamgho est désormais sur la lune. Il dit lui même sans rien qu'on lui demande : "Je ne veux pas m'endormir, j'ai encore à travailler, travailler, travailler".
Trois mots répétés, comme trois sauts pour l'éternité.
Gilles Bertrand
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