
La Jamaïcaine Véronica Campbell s'impose devant la sprinteuse des Iles Virgin, Jones-Ferrette et l'Américaine Jeter. La Française Myriam Soumaré sombre à la 8ème place.
Ce fut une vraie surprise que cette victoire de Véronica Campbell sur le 60 mètres. Car la Championne du Monde de 2007 et double championne olympique du 200 mètres n'avait jamais brillé en salle, et il s'agissait même à Doha de sa participation à son premier championnat du monde.
Pour ce Mondial, on attendait plutôt une bagarre entre Jones-Ferrette, la sprinteuse des Iles Virgin, et l'Américaine Carmelita Jeter. Jones-Ferrette avait explosé ses chronos cet hiver, descendant pour la première fois sous les 7 secondes, avec 6''97. A 29 ans, elle n'avait jamais pu jusqu'alors accéder à une finale mondiale en salle, bloquée en demi-finale à Valence en 2008, comme à Moscou en 2006.
Avant cette finale, les deux ultra-favorites, Jones-Ferrette et Carmelita Jeter n'avaient pas accordé une grande attention à Véronica Campbell, qui n'affichait que la 4ème perf cet hiver. Mais la Jamaïcaine était tapie dans l'ombre : « Je savais que la course serait très compétitive. J'étais très confiante et mentalement concentrée. Je suis arrivée ici avec à l'esprit que j'allais sortir des blocks et exécuter. C'est une course très courte, de loin la plus technique. »
Son départ fut très rapide, comme celui de Jones-Ferrette, alors que Jeter restait scotchée. Et la Jamaïcaine prenait la tête au 40 mètres. Même si elle débarquait ici en leader mondial, Jones-Ferrette refuse de s'avouer déçue : « Je voulais juste une médaille. Quand j'ai franchi la ligne d'arrivée, c'était ma seule pensée, une médaille. Et cela est arrivé, je suis si heureuse. C'est la première pour mon pays. »
Car Jones-Ferette a mis sur le devant les Iles Virgin, une île méconnue des Caraïbes. Elle peut aussi tirer satisfaction d'avoir supplanté la jeune Carmelita Jeter, 21 ans, qui disputait, pour sa part, son premier Mondial en salle. Le titre masculin a aussi échappé aux Etats-Unis, avec la victoire de Chambers. L'ultra-domination des Etats-Unis apparaît maintenant comme de l'histoire ancienne : une seule sprinteuse américaine en finale, où de plus petites nations font leur apparition. A l'image des Iles Virgin avec Jones-Ferrette, du Gabon avec Ruddy Milama, des Iles Virgin Britanniques avec Tahesia Harrigan.
Odile Baudrier