
Deux concours, deux victoires à 2,28 m, un titre de champion de France et les minima direct pour les championnats du Monde de Doha, depuis sa place de finaliste (5e avec 2,23 m, 2,30 en qualification) Mickaël Hanany a définitivement franchi un palier. « Un niveau s'est installé, explique-t-il. Avec ma blessure à la cheville (entorse), j'ai un peu d'appréhension. Cela me fait un peu mal et je suis en soin. C'est pour cela que je n'ai pas engagé le pied dans ma tentative à 2,34 m. »
Un choix de barre à un centimètre du record de France du Breton Jean-Charles Gicquel (2,35 m). Seul après l'échec de Abdoulaye Diarra à 2,28 m, Mickaël a réussi à égaler sa meilleure performance de la saison dès son premier essai. Une assurance qui confirme ses progrès autant techniques que mentaux. « Quand je saute, je ne me pose pas de questions. Je sais ce que je dois corriger. Je ne me prends pas trop la tête, révèle l'élève de Calvin Robinson. J'ai plus d'expérience sur la technique. Du moment que je me sens bien sur le point d'impulsion, qui est parfois mon petit problème, le reste, je m'en fiche. Je me prends en main. »
Le passage de Mickaël dans cette autre sphère, celle qui confirme qu'il a le potentiel pour faire une médaille au niveau international, est également lié à sa réussite universitaire. Aux États-Unis, il vient d'obtenir son MBA (Master in business administration), un diplôme de management. Le champion de France 2010 veut maintenant inscrire son nom sur les tablettes des records de France.
Pour l'heure, c'est Jean-Charles Gicquel qui est le meilleur en salle (2,35 m), comme en plein air (2,37 m). Et Mickaël est à 2,28 m et 2,32 m. « Mes performances actuelles font que je suis champion de France. C'est la logique. Cela ne me fait pas peur de tenter des grosses barres. J'espère battre le record de France avec les championnats d'Europe de Barcelone. » Avant l'Espagne, il y a le Qatar. « Si la nature me le permet, j'espère que je serai à 100% à Doha. Le but, c'est d'aller plus loin que ma cinquième place à Berlin. Ce résultat aux Mondiaux en plein air m'a donné plus de confiance. Je suis plus motivé, je sens que les gars sont tout proches. Rybakov ou Ukhov, même quand ils sautent à 2,40 m à des milliers de kilomètres, restent des sauteurs en hauteur. Je me dis donc que, moi aussi, j'ai le droit d'espérer un podium dans les années à venir. »
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Bruno Poirier
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Photos Yves-marie Quemener