
« Je ne suis pas un bon coureur de salle ! » Leslie Djhone ne le cache pas. Et pourtant, il a effacé le record de France du 400 m de Stéphane Diagana (46''02), avec un temps canon (45''85) qui le place au 6e rang mondial de la saison, mais loin derrière l'Américain Torrin Lawrence (45''03). Dans la hiérarchie planétaire, il a donc gagné deux places par rapport à son chrono de rentrée (46''12), réalisé à Metz, le jour de la Saint-Valentin. « Mais je ne suis pas un bon coureur de salle, sourit-il. J'en fais rarement. Alors cette année, je voulais être champion de France en marquant le coup. Battre le record de Diag est vraiment symbolique. Surtout 18 ans après et à Bercy. Puisque c'est là que Stéphane avait fait 46''02. Si j'avais 46''01, j'aurai été déçu... » En 45''85, Leslie ne l'était pas, mais il tenait à préciser : « Je pense que je pouvais faire mieux », révèle celui qui détient aussi le record de France du 400 m en plein air (44''46, Osaka 2007).
« J'ai appris à courir différemment... »
Ce « mieux », l'élève de François Pépin ne le fera pas cette année. « Je n'irai pas à Doha, confirme Leslie. La salle, c'était juste une récréation. » Deux petits tours et puis s'en va... Reste que le manège bleu de Paris-Bercy lui a aussi permis de valider le travail réalisé depuis le mois de décembre. « Avec François et des intervenants extérieurs, nous avons beaucoup travaillé sur la fréquence de ma foulée en analysant mes temps de passages à Berlin et les vidéos de mes courses. Nous avons remarqué que je courais en ischios (muscles postérieurs de la cuisse) et pas assez avec les quadriceps (muscles antérieurs). Avec de la musculation et du travail de pied, ma foulée est maintenant plus fluide et moins heurtée. J'ai appris à courir différemment en étant mieux placé (cycle avant) et en montant plus les genoux. Et physiquement, je suis mieux. »
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« La réalité montre que ce travail a été utile. »
Pour revoir la nouvelle foulée de Leslie en compétition, il faudra attendre The Penn Relays, du 22 au 24 avril prochains, aux États-Unis. « Le 400 m en salle est une discipline à risque et les rabattements sont dangereux, poursuit le double recordman de France. Si j'ai fait de la salle, cette année, c'est pour mettre en place certaines choses que nous avons travaillées, cet hiver, à l'entraînement. La réalité de mes résultats montre que ce travail a été utile. Cela n'a pas été aussi facile que cela. Mon programme était vraiment corsé... Maintenant, il ne faut pas bousculer les choses. La saison en salle est terminée. » Place à l'été, serait-on tenté d'ajouter. Car si Leslie a été finaliste à Paris 2003 (4e), Athènes 2004 (7e), Osaka 2007 (5e), Pékin 2008 (5e) et Berlin 2009 (8e), sa seule et unique médaille dans un grand championnat remonte à Göteborg 2006. C'était les Europe. Et Barcelone, c'est déjà demain...
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Texte Bruno Poirier - photos Y.M. Quemener
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