
Le 15 avril, lors du Marathon de Rotterdam, Julien Bartoli, 34 ans, de l’Athlétique Jeune Bastia a porté son record à 2h22’40’’ et décroché la 44e place au scratch. Ce chrono le satisfait, puisque son précédent record était de 2h28’47’’ et datait de 2006.
. Pourquoi Rotterdam ?
-Yamna Oubouhou et moi sommes entraînés par Ouhabi Hemani. Elle avait prévu de courir Dubaï et moi Paris. Mais gênée dans sa préparation, elle a dû renoncer et s’est tournée vers Rotterdam. Finalement, puisque j’ai eu l’opportunité de m’inscrire à Rotterdam, j’y suis allé. Le parcours est réputé rapide et je voulais me rapprocher des 2h20’. Paris, je le courrai un jour, car il reste le marathon N° 1 en France. Aussi à Rotterdam, je savais qu’à mon niveau je trouverais de la densité.
. Justement face à la concurrence n’as-tu pas été tenté de partir trop vite ?
-Je reconnais que je suis parti un peu vite sur un rythme de 3’20’’ au km. Sans chercher à suivre les leaders, j’ai déjà laissé filer un premier groupe, puis un second, avant de me caler dans un 3e. Nous étions une dizaine de coureurs et nous sommes restés ensemble jusqu’au 35e km. Ensuite, cela a explosé dans tous les sens.
. Que t-a-t-il manqué pour passer sous les 2h20’ ?
- Déjà le marathon n’est pas une science exacte. Tenir le temps visé n’est jamais évident et le dimanche précédent l’épreuve, j’étais tombé malade. Mercredi, jeudi et vendredi, j’ai été sous antibiotiques et je n’avais pas vraiment de bonnes sensations. Bon, je ne voudrais que l’on pense que je me cherche des excuses. Au semi, passé en 1h10’ je sentais que la suite allait être vraiment dur, mais j’ai refusé de capituler et je me suis accroché. Je divisais le marathon par bloc de 5 km en refusant de me projeter sur l’arrivée. Ca m’a permis de maintenir l’allure jusqu’à 12 km de l’arrivée, où là malgré la fatigue qui s’accumulait, je me suis rendu compte que j’allais battre mon record. A 4 km du but, l’euphorie m’a envahi et j’ai ressenti un sentiment de délivrance en passant la ligne.
. Ce chrono te satisfait-il ?
- Oui. Même si je ne termine pas en moins de 2h20’, je progresse de près de 6’ et j’ai la conviction qu’un jour, j’irai plus vite. Vu mes mauvaises sensations à partir du 5e km, si on m’avait dit que j’allais finir en 2h22’40’’, j’aurais signé tout de suite. Sinon, j’ai beaucoup apprécié l’ambiance avec près d’un million de spectateurs et l’organisation a été au top. C’est toujours particulier de courir à l’étranger. On manque de repères et l’on se met toujours un peu plus de pression que d’habitude. Je voudrais associer la réussite de cette performance à mon entraîneur, à mon président de club et à ma femme et à mes enfants, qui me soutiennent. Mon épouse est très compréhensive. Elle ne me reproche pas de consacrer beaucoup de temps à l’entraînement.
. Courras-tu un second marathon cette année ?
- En fin de saison, je ferai Nice-Cannes dans l’intention de confirmer. Vu que cela faisait longtemps que je courais après ce record, j’aborderai le prochain marathon plus sereinement. En attendant, le 26 mai je participerai à un 10 km. Ensuite le 10 juin, j’enchaînerai avec le semi de Caen de façon à reprendre la préparation marathon tranquillement. Et un mois avant Nice-Cannes, je ferai les France du semi. J’espère battre mon record sur cette distance. Pour l’instant, je suis à 1h07’39’’.
. Quel serait ton rêve ?
- Une sélection. Peut-être qu’un jour j’aurai le niveau pour compléter une équipe de France dans le cadre d’une coupe d’Europe, où il est possible d’inscrire jusqu’à 6 athlètes par pays. Cependant, je reconnais que j’en suis encore loin.