A 53 ans, le Suisse Heinz Frei a remporté pour la seconde année consécutive le Marathon de Paris en fauteuil, au sprint, sans laisser la moindre au chance au Français Pierre Fairbank pourtant bien calé dans sa roue durant toute la seconde partie de la course. En moins de 1h29', soit à près de 29km/h de moyenne, la légende vivante de la route en fauteuil a remporté son 111e marathon !
Ces chiffres affolants illustrent le niveau du Suisse sur le bitume. Lui-même en reste un peu surpris. « Je ne sais pas si je suis imbattable, sourit-il, je ne sais pas toujours comment je fais cela. Mais ce qui est sûr c'est que je me fais plaisir et que je prends toujours ces courses comme un jeu ». Ainsi à 8h35, soit dix minutes avant le départ des valides, sous un beau soleil parisien et une température douce, c'était parti pour le jeu.
Pour démarrer cette partie, un peloton d'une dizaine de coureurs commença à battre le pavé jusqu'au quatorzième kilomètre, moment où Pierre Fairbank et ses partenaires de l'équipe de France, Denis Lemeunier et Julien Casoli, décidèrent de durcir la course. Le trio tricolore se détachait irrémédiablement mais emmena Heinz Frei dans sa roue, alors que le Suisse se faisait plutôt discret jusqu'alors.
A mi-course, après le Bois de Vincennes, Frei décida d'imposer sa règle du jeu aux autres et plaça une attaque que seul Fairbank put contrer. Au 30ème km, les deux hommes possédaient près de deux minutes d'avance sur Lemeunier et Casoli, qui termineront 3e et 4e, alors que Fairbank, gémissant à chaque accélération, ne prenait aucun relais malgré les appels de l'Helvète à le faire.
Dans le Bois de Boulogne, Frei plaçait des à-coups terribles auxquels Fairbank répondait dans la foulée ou plutôt dans la roue. Puis à l'entrée de l'Avenue Foch, le Suisse donna ce qui lui restait de force dans les bras et les abdos pour laisser le Français à ses quelques centimètres de regrets. A l'arrivée, Heinz Frei, toujours jovial déclara dans son Français teinté d'accent allémanique, un simple « C'est extra ! » mais qui en disait long sur le plaisir du bonhomme d'être le meilleur.
Renaud Goude Texte et photos
