
Le double champion d’Europe n’avait plus marché en compétition depuis les mondiaux de Deagu. Miné par cette disqualification prématurée, alors qu’il voguait en tête de l’épreuve, il lui a fallu plusieurs mois afin de surmonter cette déception. Cependant, il n’a jamais songé à démissionner et au fil des jours il a retrouvé le goût de l’effort et la ferme détermination d’imposer sa suprématie aux JO l’été prochain sur le 50 km. Ne lui manquait plus que de se mêler à la bagarre avec les protagonistes de la discipline. A dessein, il tenait s’aligner le 05 février au meeting indoor de Moscou sur le 5000 mètres. Il prendra la 5e place en 18’47’’80. Un chrono et une position qui le satisfont et qui s’avèrent de bon augure pour la suite.
A cette occasion, les organisateurs avaient réuni l’élite mondiale. Notamment Valery Borchin, champion du monde et champion olympique en titre du 20 km, plus les médaillés d’argent et de bronze à Daegu, sans oublier Denis Nizhegorodov, second en Corée et recordman du monde du 50 km (3h34’14’’).
Dans ce contexte très relevé, en manque de repères, Yohann Diniz plus que la victoire dont il n’avait pas fait un objectif visait avant tout à se rassurer et à montrer à ces athlètes qu’il a déjà dominés, qu’il faudra compter avec lui le matin du 11 août.
Désormais rassuré quant à son potentiel en devenir et heureux d’avoir pu jouer des coudes au cours de cette lutte d’homme à homme, soulagé il évoque brièvement ce come back :
« Jusqu’au 3e km, on s’est tous battus à tous à tour de rôle. Sous l’impulsion de Borchin, ça a accéléré au 3e km. Je n’ai pas pu suivre, mais je suis parvenu à me refaire la cerise sur la fin. Toutefois, cette relance n’a pas été suffisante. Quand durant un km tu passes de 3’40’’ à 4’, même si tu repars par la suite, à ce niveau c’est cuit. J’ai manqué de rythme. Pour bien me régler il m’aurait fallu une compétition. Toutefois je suis satisfait. Cela faisait plus de 3 ans que je n’avais pas participé à meeting indoor et surtout je me suis battu. J’ai retrouvé ma rage de vaincre. J’ai été acteur et non spectateur de l’effort. En plus l’ambiance était géniale. La salle du CSK était comble et le public n’a pas arrêté de nous encourager. Enfin les gens étaient contents de me revoir. Ca booste. Donc, de cette super expérience je ne retiens que du positif, qui renforce ma détermination en vue de l’Objectif. Bon, ce n’est pas tout ça, mais j’ai faim et si je tarde trop, le buffet sera vide. A bientôt »
Maintenant le moral au beau fixe, Yo ne va pas tarder à s’envoler pour un stage de 4 semaines en altitude en Afrique du Sud, où il enchaînera de dures séances sans douter.
D’autant plus, qu’il a devancé le recordman du monde du 50 km. Ainsi, il retrouve sa place parmi ses pairs.
Yohann n’était pas le seul marcheur français à Moscou. Sylwia Korzeniowska, à la quête des minima pour Londres sur le 20 km, fixés à 1h31’ a terminé 6e du 3000 mètres en 12’47’’30. De quoi voir l’horizon londonien se rapprocher.
Résultats :
-Valeriy Borchin RUS 18’16’’54
-Vladimir Kanaykin RUS 18’17’’13
-Sergey Bakulin RUS 18’26’’82
-Ruslan Dmytrenko UKR 18’44’’45
-Yohann Diniz FRA 18’47’’80
-Denis Nizhegorodov RUS 18’58’’81
-Juan-Manuel Molina ESP 20’13’’51
-Anatoly Kukushkin RUS 20’34’’99
Yohann Diniz lors des championnats de france à Albi en 2011. (photo Yves-Marie Quemener)