
Yohan Durand, 27 ans, international à plusieurs reprises tant en cross, en indoor et sur piste confirme son potentiel olympique. 7e l’an passé aux Europe en salle de Bercy sur 3000 mètres, la semaine dernière il a porté son record sur cette distance à 7’44’’46. Un chrono nettement inférieur aux minima à destination des mondiaux de la discipline prévus à Istanbul du 06 au 09 mars et fixés à 7’51’60. Si dans l’esprit de cet athlète ce rendez-vous demeure un objectif important, il reste avant tout un moyen d’acquérir de l’expérience auprès des meilleurs spécialistes, avant d’envisager les JO, considérés telle l’échéance majeure. Déterminé, il ne doute pas de réussir cet été les minima sur 5000 mètres.
. Ton retour à Bergerac s’explique-t-il par le mal du pays ?
- J’ai passé 3 ans au CA Montreuil. C’est un très bon club, mais Bergerac constitue pour moi un retour aux sources, tout en intégrant une nouvelle structure. A Bergerac, grâce aux élus et aux collectivités locales, un projet sympa a été conçu autour de moi, afin de me permettre de préparer mes objectifs dans des conditions idéales. Cela s’ajoute à mon statut de militaire au 40e Régiment d’artillerie de Suittes, qui me libère l’esprit des contingences matérielles. Je n’ai pas à galérer. Tous les mois, je perçois une solde et en plus j’ai toute latitude pour m’entraîner comme je l’entends. En échange, je m’engage à prendre part aux championnats militaires et tous les athlètes sous les drapeaux concourent à donner une bonne image de marque de la défense nationale.
. Comment s’analyse ta progression ?
- Vu les chronos que j’avais réalisé l’an passé sur 3000 tant en salle que sur piste l’été dernier et vu le travail accompli à l’entraînement cet hiver, je me sentais capable de sortir un temps entre 7’46’’ et 7’50’’. Après, la course a été bien emmenée par les lièvres et à la fin, j’ai pu me retrouver à la bagarre avec l’Ethiopien et Yoann Kowal. Ca s’est joué au sprint et j’ai fini second en 7’44’’46. Cependant, je pense que je dispose du potentiel pour aller chercher quelques secondes de mieux puisqu’il s’agissait de mon meeting de rentrée. Il avait valeur de test par rapport à ma préparation. Je n’avais pas beaucoup couru en compétition. Je ne veux plus me disperser, mais privilégier l’entraînement, afin de cibler les événements d’envergure en vue des JO, mon objectif phare. Enfin, Bordeaux est proche de Bergerac et à domicile, j’avais à cœur de réussir un bon résultat.
. Pourquoi en ce début de saison 2012, as-tu décidé de te consacrer à l’indoor ?
-L’an passé l’indoor m’a réussi. Aux Europe de Bercy, j’ai terminé 7e du 3000. Donc, ça motive à persévérer. Surtout qu’il y a la perspective d’une sélection aux mondiaux d’Istanbul. Dans l’optique de Londres, ce championnat, où je tenterai d’entrer en finale me permettrait de me frotter aux meilleurs spécialistes du 5000 mètres. Côtoyer l’élite kenyane et un athlète comme Mo Farah m’apporterait de l’expérience, qui me sera utile aux JO. Maintenant, je n’ai pas encore mon ticket pour la Turquie en poche. J’ai fait mieux que les minima, mais il n’y a que deux places et pour être retenu il ne faut pas que deux Français fassent mieux que moi d’ici là. Néanmoins, je dispose d’une possibilité supplémentaire d’améliorer mon record, car le 14 février je courrai le meeting de Liévin.
. Et après Istanbul ?
- Déjà, j’effectuerai une coupure, puis j’envisagerai le 5000 mètres. La saison indoor aura marqué la première partie de la préparation de cet objectif olympique. Les minima ont été fixés à 13’15’’ et pour l’instant, je suis à 13’36’’. Toutefois ce record date de 2010. En 2 ans j’ai progressé. Je vais tout donner et travailler très dur pour y arriver. Dans un meeting de haut niveau, ça doit passer.
. En quoi consistera la préparation ?
- La coupure terminée, je partirai 5 semaines en stage en Afrique, soit en Ethiopie, soit au Kenya. Là-bas, je travaillerai le long, parce que j’en ai besoin. Mon record sur 5000 ne reflète pas mon chrono sur 3000. J’étais devenu un coureur de 3000 et la préparation était axée sur des séances trop courtes. J’alignerai des 4X2000 en 5’25’’. Fin avril, début mai je courrai un premier 5000. Ensuite, mi-mai je rejoindrai Font-Romeu, jusqu’aux France prévus à Angers début juin et, où il faudra terminer dans les 3 premiers. Après viendra le temps des meetings et fin juin, j’espère m’aligner aux championnats d’Europe d’Helsinki. Les minima de 13’34’’ sont accessibles. Ca me permettra d’acquérir encore plus d’expérience avant les JO. Il faut s’adapter tant à des courses rapides, qu’à des courses tactiques.
. Que t’évoque la perspective de ces premiers JO ?
- Un rêve se réaliserait. Tout athlète rêve d’y participer. C’est la compétition majeure.
. Et Sao Paulo en 2016 ?
- Je n’ai pas établi de plan de carrière jusque-là. J’aurai 31 ans. Je me dis qu’en travaillant bien, je pourrai monter en distance et me lancer sur le marathon. La distance ne me fait pas peur. Je n’ai couru qu’un semi en 1h03’44’’. Tout va dépendre de ma progression sur piste. Dès que je me sentirai bridé je reviendrai sur la route. Ce milieu me plaît et plus jeune, j’ai couru pas mal de 10 km. J’avais réussi 29’11’’.
A suivre.