
Le directeur de l'Agence Mondiale pour la lutte anti dopage ne se cache pas derrière son petit doigt et n'hésite pas à révéler des vérités qui font mal. 1 à 2% des athlètes sont contrôlés positifs mais plus de 10% seraient dopés.
Dans un récent entretien accordé au quotidien anglais, The Telegraph, le directeur de l’Agence Mondiale pour la lutte anti dopage a déclaré que 1 à 2% des athlètes testés étaient convaincus de dopage mais que le nombre réel de sportifs dopés pourrait être supérieur à 10%.
Cet aveu prouve que la bataille contre les tricheurs est loin de trouver toute son efficacité malgré les contrôles renforcés, la mise en place du passeport biologique et la sophistication des tests actuels pour détecter les nouvelles substances interdites.
Dans cet entretien, le patron de l’AMA met en évidence l’usage abusif des produits masquants, la furosémide étant le plus connu, faisant écran au contrôle cherchant à déterminer l’usage d’anabolisants nouvelle génération. En cela le cas du nageur Brésilien Cesar Cielo et du sprinter Jamaïcain Steve Mullings sont révélateurs de telles pratiques.
Mais pour lui, le plus inquiétant serait encore l’usage de l’EPO dont il existerait sur le marché pharmaceutique (et marché noir) plus de 30 sortes et l’usage de l’hormone de croissance.
Pour ce qui est de l’EPO, l’arsenal scientifique existe pour détecter celle-ci mais l’AMA estime que le nombre de contrôles sanguins est encore trop faible de part le monde, ce qui expliquerait l’usage important de cette hormone. L’agence souhaite ainsi rendre un pourcentage de contrôles sanguins obligatoires afin de mieux faire barrage contre les tricheurs.
Par ailleurs, l’AMA cherche à travailler le plus possible en collaboration avec les groupes pharmaceutiques afin d’obtenir, avant même la mise sur le marché d’un médicament, des formules chimiques de ces produits, afin de prendre de court les tricheurs en mettant au point et d’ajuster sans cesse et au plus vite les protocoles d’analyses et de détection.
Cela n’évite pas pour autant la mise sur le marché noir de produits mis au point par des laboratoires clandestin.