
Dans moins de 14 heures, à Reims, Yohann Diniz s’élancera sur la piste du stade Georges Hébert pour 125 tours à la poursuite du record du monde du 50000 mètres établi à 3h40’57’’ par Thierry Toutain en 1996.
Le double champion d’Europe a mis à profit la dernière semaine le séparant de cette échéance pour « Faire du jus ».
Excepté dimanche : « J’ai commencé par 6 km d’échauffement, avant d’enchaîner par 8 X 2000 mètres en 8’10’’. Entre chaque série, je récupérais en 2’15’’ sur 500 mètres. Soit au final 20 km en 1h23’20’’ et à une moyenne de 4’10’’. Je me sentais très bien » : se souvient-il.
Les jours suivants, le programme s’est nettement allégé avec lundi une sortie de 15 km le matin plus de la musculation l’après-midi, mardi 15 km, mercredi 20 km, jeudi 15 km et aujourd’hui 12 km ce matin et une dernière sortie de 30’ à 17 heures, suivie d’étirements en compagnie de deux de ses lièvres : Atem Ghoula et Gregor Sudol, histoire de visualiser l’environnement pour se mettre dans la configuration de l’effort de demain matin, qui commencera à 8h30. Sur le stade des supporters étaient déjà là. Parmi eux se distinguait Roger Quémener, 7 fois vainqueur du Paris-Colmar. De la musique sera diffusée durant les 10 derniers km. J’ai choisi les morceaux. Il y aura du Iggy Pop, les Stones, les Orgues de barbaque et d’autres. Toutefois, tu ne l’écoutes pas trop, car tu restes dans ta bulle »
Aussi, une question demeure. Qu’entend le vice champion du monde par l’expression : « Faire du jus ».
« Quand je fais du jus, c’est-à-dire en mettant le frein-main, je me retrouve vite en 4’25’’, 4’30’’ au km. J’avoue que j’ai rarement senti une telle aisance au niveau du secteur aérobie. Je ne devais pas aller vite, mais même sur le circuit proche de chez moi qui comporte des bosses, sans avoir à accélérer et tout en étant relax, je progressais à un rythme de 4’30’’ au km. Au début cette phase de décompression est bizarre. Tu es à la recherche de sensations, mais plus les jours passent, mieux ça va et là j’ai vraiment envie de lâcher le machin » : précise-t-il.
Généralement, la semaine précédent un événement important bouscule les habitudes des athlètes de haut niveau, qui d’un coup se retrouvent à devoir gérer un temps libre plus important. Or, il importe de ne pas tourner en rond et de ne pas gamberger.
Pas de soucis pour Yohann : « Je suis resté à la maison, tranquille avec les enfants. Je m’occupais de la petite qui aura un an dans 5 jours. Après, je lis mais uniquement des magazines. J’ai du mal à me concentrer sur un ouvrage sérieux, parce que malgré tout mon esprit est un peu ailleurs. Sinon, j’écoutais France Inter et je n’ai pas connu de problèmes de sommeil. Couché à 22h15. Levé à 7 heures. Enfin ce matin, j’ai passé du temps à préparer mon petit Gatosport, que je mangerai demain matin au petit-déjeuner »
Bref, comme il l’affirme avec confiance : « Je suis prêt et vu les efforts qui ont été entrepris en matière de communication, pour que l’on parle de la marche en dehors des grands championnats, j’ai intérêt à le battre ce putain de record »
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Yohann Diniz en compagnie de Roger Quémener
Photos : Christophe Rochotte