
Cet ancien triathlète de 31 ans, licencié au Racing Club Nantais est venu récemment au trail. Néanmoins, il possède déjà un palmarès honorable avec une 4e place à la Diagonale des Fous, en 2009, la seconde position au Marathon des Burons et la 5e aux Templiers en 2010. De plus, 3e du TTN long, il a décroché sa première sélection aux Mondiaux de trail, prévus en juillet. S il considère l’Eco-Trail comme son premier objectif de la saison, il tient à rester prudent et préfère ne pas se livrer au jeu des pronostics. Il se contente simplement de préciser : « Je vais tout donner ». A suivre samedi.
. Comment es-tu venu au Trail ?
- Naturellement. J ai toujours été coureur. Après j ai pratiqué le triathlon et le raid multisports. Ayant un profil endurant, quand je suis revenu à la course, il était logique que je me mette au trail, parce que en raid on prend l’habitude de courir en nature.
. De quelle manière a débuté la saison ?
- Pour ce début de saison, j ai couru deux épreuves qui rentraient dans le cadre de ma préparation à cet Eco Trail. Le Trail du Glazig, le 13 février et le Trail du Vignoble Nantais, le 26 février, où je prends la 2e place derrière Emmanuel Gault. Ces deux compétitions m ont permis de travailler le volume et de tout affiner au niveau du matériel, car sur cet ultra, le sac va être lourd entre le 20e et le 50e km.
. Quels vont être tes objectifs cette année ?
- Je vais axer ma saison autour de 3 gros objectifs : ce rendez vous parisien, les Mondiaux et les Templiers.
. Quid du TTN ?
- Ce ne sera pas un objectif prioritaire, mais je vais participer à suffisamment de courses pour être classé. Déjà, l Eco-Trail et les Templiers comptent pour le TTN. Après, je prendrai part au Trail des Forts de Besançon, au Pilat et à la Côte d Opale sans rechercher la performance, mais pour me préparer en vue des Mondiaux en Irlande et des Templiers. Jouer pleinement le TTN n apparaît pas compatible avec les championnats du monde et les Templiers. On ne peut pas jouer sur tous les tableaux.
. As-tu déjà couru cette épreuve ?
- En 2010, j avais pris le départ, mais victime d’une déchirure à l ischio-jambier, j avais dû abandonner au 40e km. Pourtant, je progressais dans le groupe de tête en compagnie de Thierry Breuil, Emmanuel Gault, Damien Vierdet et David Laget.
. Pourquoi as-tu décidé de prendre le départ cette année ?
- Parce que c est un des temps forts de la saison, où il va y avoir un beau plateau. Ca vaut également le coup au niveau de la distance. 80 km, ça rentre dans mes critères. Aussi, l Eco-Trail représente un tour de force. Bien qu il soit organisé en région parisienne, on reste malgré tout immergé dans un environnement naturel avec ses difficultés. Notamment des côtes raides, même s’il ne s agit pas de cols et une grande portion sans ravitaillement entre le 20e et le 50e km. Ce secteur implique une bonne analyse de la course, puisque de surcroit les 1600 mètres de dénivelé sont concentrés sur ces 30 km. Donc, il importe de ne pas s’enflammer au départ. Sinon, les 20 derniers km sembleront longs. Enfin, finir au 1er étage de la Tour Eiffel, ça fait rêver. Ca apporte une dimension féérique à la course. On l aperçoit depuis l’observatoire de Meudon, alors qu il reste encore 40 bornes à accomplir.
. As-tu adapté ta préparation au profil de ce ultra trail urbain ?
- En premier lieu, je me suis préparé en fonction de la distance. 6h30 d effort, c’est long. Après je me suis entraîné en tenant compte du profil et du ravitaillement. Il faudra pouvoir courir avec un sac lourd, accumuler du dénivelé et aller vite à la fin sur le tronçon absolument plat, le long des Quais de Seine.
Une préparation mentale à base de visualisation devrait me permettre de bien finir. J ai bien analysé le parcours et approximativement, j ai calculé la durée d effort qu’il faudra que je respecte entre chaque ravitaillement et en fonction du dénivelé. Le fait d avoir mémorisé l’ensemble, tout en le découpant, afin de me concentrer sur les allures à suivre, ça peut paraître un détail à certains. Mais de mon point de vue, c’est ce qui fait que l on termine au bout du rouleau, ou en progression.
Au plan de l entraînement, j’ai enchaîné des séances qui permettent de posséder un panel de capacités le plus important possible. Donc, il y a eu des sorties longues de 2h30’ pour tenir la distance, des séances au seuil et de VMA, parce qu il fallait travailler la vitesse en prévision des parties plates et du spécifique trail à base de renforcement musculaire en alignant des côtes.
. Quelles sont tes ambitions ?
- Bon, on pense toujours à la victoire dans un petit coin de sa tête, mais avant tout, vu le niveau du plateau, le plus important sera de donner le meilleur de soi-même et de se battre jusqu au bout, pour ne rien avoir à regretter par rapport aux sacrifices consentis à l’entraînement. Dans ces conditions, on accepte de finir 2e, 3e, ou plus loin.
. Tu évoques le niveau du plateau, mais quels athlètes crains-tu le plus ?
- Emmanuel Gault, forcément. Il est l un des gars les plus compétitifs sur cette épreuve avec une victoire en 2009 et la seconde place l’an passé. Son expérience fait qu il a une bonne connaissance du terrain. Donc, ça lui permet de mieux gérer la course. Après, il existe d’autres adversaires. Mais j’avoue que je ne me suis pas penché sur le listing des inscrits, pour ne pas me mettre la pression. Il n’y a pas de réel favori. Sur ce genre de course, chacun aura son mot à dire et je trouve prématuré de mettre des noms en avant. Le sport reste aléatoire. D’autant plus que les conditions météos peuvent varier. Peut-être fera-t-il chaud ou froid. Peut-être que le sol sera boueux ou sec. Voilà, en fonction de tous ces paramètres, plus de la forme du jour, je ne peux pas me livrer à des pronostics.
Photo : VO2