
Vainqueur de l'Eco-Trail en 6h28’, Fabien Antolinos, 33 ans, enseignant en EPS n’est pas un inconnu dans le milieu du trail. Ce marathonien, titulaire d’un record de 2h29’ s’est lancé sur le trail en 2008. Cette année-là, il a remporté le Trail de Faverges et la SaintéLyon. Il a alors décidé de se consacrer au trail et aujourd’hui, résultat de sa persévérance, il a inscrit sa première victoire au TTN à son palmarès.
. Comment es-tu venu au trail ?
-Suite à un pari avec des copains. En 2008, après le Marathon d’Annecy, où j’avais réalisé 2h29’ mes amis m’ont suggéré de courir un trail pensant que je pourrais faire des résultats. J’ai préparé Faverges et je l’ai gagné et j’ai découvert ce type d’effort, où ça ne se prend pas la tête avec le chrono. Malgré tout, je pensais repartir sur une saison de cross, mais comme je savais que mon fils allait naître vers le 10 décembre, j’ai préféré préparer la Saintélyon. Je savais qu’une fois qu’il serait là, j’allais mal dormir. Donc, autant m’orienter vers un autre objectif. Et comme j’ai gagné la Saintélyon, j’ai décidé qu’en 2009, je me lancerais sur le trail. J’ai voulu jouer le TTN, mais je manquais d’expérience. Je contractais des crampes à l’occasion des épreuves. Je me ravitaillais mal. En plus, après le Nivolet-Revard je me suis blessé. J’ai souffert d’une bursite et je n’ai pas pu courir pendant 6 mois. J’ai repris l’entraînement à la mi-octobre avec l’ambition de repartir sur le TTN en 2010. Cette fois, j’ai fait plus attention à la diététique, j’ai veillé à mieux m’entraîner et j’ai fini 5e du TTN. Ma plus grande satisfaction avait été ma 8e place aux Templiers. En dépit de soucis gastriques, j’ai pu relancer sur la fin et finir sur une bonne note.
. Le TTN reste-t-il toujours un objectif ?
-Oui. Cette année j’espère progresser au classement. Je vais découper la saison en 3 parties, avec Gruissan, où j’ai terminé 4e et le Pilat. Après je compte aussi prendre part à la 6000 D et aux Templiers.
. Pourquoi as-tu choisi l’Eco-Trail ?
-Je voulais montrer que je pouvais me situer parmi les meilleurs coureurs de trail, dès le début de la saison, en me confrontant à l’élite. Emmanuel Gault et Erik Clavery sont sélectionnés pour les Mondiaux. Je voulais marquer des points au challenge, mais étant à la bagarre avec l’élite. Je ne désespère pas d’aller aux Mondiaux. Pour l’instant, il y a 4 présélectionnés, mais peut être qu’au final nous serons 6 et pourquoi pas intégrer le team France, si je suis en forme au mois de juillet. Voilà, je voulais marquer un coup.
.As-tu suivi une préparation spécifique au profil de ce trail ?
-Oui. Je me suis astreint à deux séances de VMA par semaine, une au seuil et à des sorties longues. Mais, je n’ai pas pu aller au-delà de deux heures. En raison de caries, une inflammation s’est déclarée au tendon rotulien. Cela m’a empêché de faire du dénivelé et je me suis contenté de courir sur des terrains plats. Egalement, pour ne pas trop mobiliser mes articulations, je suis devenu un adepte de l’entraînement croisé. J’ai effectué des sorties en vélo.
. Comment s’est déroulée la course ?
- Je suis parti derrière le groupe de tête, tout en suivant Emmanuel Gault de près, parce que c’est l’homme de l’Eco-Trail avec une victoire et deux secondes places. Il sait gérer. Cependant, je trouvais que ça allait trop vite et j’ai laissé partir le groupe. Je ne voulais pas me griller. Je les ai rejoints au 30e km et je trouvais que ça n’allait pas très vite. Donc, je suis parti après 2h30’ de course. J’ai pensé : « On verra ». J’essayais de calmer dans les descentes. Je marchais dans les montées, ce qui me permettait de bien me ravitailler et je relançais sur le plat. Mais au 53e km, plus rien ne passait. Il faisait chaud, ma boisson était chaude et j’ai connu un coup de mou et des gros soucis gastriques. Franchement, pour parvenir à Saint-Cloud, j’ai vécu un calcaire. Mes jambes étaient cramées. Je luttais pour garder le rythme et ma femme m’a indiqué qu’à ce point j’avais 6’ d’avance. Ce qui signifiait que malgré mon coup de bambou, je conservais le même avantage sur les autres. Cela m’a rassuré. Je me suis dit qu’ils devaient aussi galérer. Là, j’ai pensé que c’était jouable. Sur les quais, j’en ai profité pour savourer et finir à la Tour Eiffel a été exceptionnel. Il s’agit de ma première victoire au TTN. Je suis heureux d’avoir gagné cette belle épreuve.
Photos : Christophe Rochotte