
A 34 ans, en dépit de son palmarès fourni, cet athlète résidant près de Uzès refuse de se considérer comme favori et préfère rester humble face à ce défi, où il lui importera avant tout de se faire plaisir. Vu la densité du plateau, il répugne à se mettre en avant. Mais, nul doute, il saura saisir sa chance de gagner, si elle se présente. De plus, il reconnaît avoir tout fait pout être en forme samedi. Dans ces conditions, comment le supposer ne pas jouer les premiers rôles, lui qui a remporté cette épreuve en 2009 et qui avait terminé second lors de la dernière édition. A suivre.
. Comment a débuté ta saison ?
- Le 13 février, je finis 7e à Gruissan, 1ère étape du TTN long. Je suis en pleine phase de préparation en vue de la course Eco-Trail. Mais de toute façon, comme en 2010, je ne jouerai pas le TTN. Je me suis fixé de nouveaux objectifs. Je ne peux pas jouer sur tous les tableaux. Malgré tout, j’ai déjà couru Gruissan, je serai à Paris samedi pour la seconde manche du TTN et je souhaite participer aux Templiers. Ce qui fait 3 courses du TTN. Je participerai peut-être à une 4e épreuve de ce challenge, mais sans ambition. Je la prendrai comme une course annexe de préparation avec comme objectif une échéance importante.
. Quels sont donc tes objectifs ?
- En fait pour ne pas gaspiller mes forces, je me cale sur 5 compétitions qui me plaisent. A savoir, l Eco-Trail, l Oxygène Challenge le 05 juin, les mondiaux en juillet et les Templiers en octobre. Cependant, je prendrai part à de nouvelles épreuves sans chercher à être performant et plutôt considérées, comme des séances telle que de la CCC et la Saintélyon. Le TTN est trop fatigant. On ne peut pas réussir à la fois le TTN et les mondiaux. Car en plus je préfère me préparer correctement.
. Quelles seront tes ambitions à l Eco-Trail ?
- Pour ce premier grand rendez-vous de la saison, je souhaite faire de mon mieux. Je le prépare depuis janvier. Le plus important consistera à se faire plaisir et à avoir de bonnes sensations. Le podium serait une récompense supplémentaire. J’entreprends tout pour être en forme à cette date, mais monter sur la boîte risque de devenir compliqué, vu le niveau compétitif du plateau.
. Toi qui maîtrise cette épreuve, puisque tu as terminé second lors de la dernière édition et vainqueur en 2009 as-tu suivi une préparation spécifique au profil de l Eco-Trail ?
-Je ne bouscule pas trop mes habitudes. Toutefois, je fais quelques modifications. Il faut que je progresse au niveau de la récupération. Voilà pourquoi, je fais plus attention au sommeil et à la diététique. Depuis, je sens que je me présente plus frais sur les compétitions. Entre ma vie professionnelle et personnelle, je néglige pas mal la récupération. Directeur dans une école primaire et chargé de la rubrique enseignement dans une classe, je travaille tard le soir, parce que je tiens à profiter de mes enfants, quand ils sortent des cours. Désormais, je tente de mieux me structurer en étant plus rationnel dans la gestion de mon emploi du temps. Aussi, le fait de partager ma vie avec ma chérie qui court et me comprend, ça me rend tout plus facile.
Concernant la diététique, je fais plus attention à la qualité des aliments. Je me tourne vers le bio, je mange moins à la cantine et je le ressens. Comme je ne peux pas augmenter mon volume en entraînement pour progresser, la progression passe par une accumulation de détails, qui cumulés peuvent permettre de faire la différence.
Ensuite, je guide ma préparation à partir de compétitions roulantes : Le Trail des Chemins du Pastel le 13 janvier, Gruissan le 13 février et le Trail du Vignoble Nantais le 27 février. Ces courses permettent de se retrouver dans la configuration de l Eco-Trail. Or la saison passé, je cumulais pas mal de dénivelé. Ca permet de gagner en puissance, mais ça fait perdre en vitesse et durant l Eco-Trail, il faut être capable de filer vite sur tout secteur plat.
. L Eco-Trail ne comporte-t-il pas de dénivelé ?
-Si bien sûr, mais ce dénivelé représente pas dégradé important. Il est de 1600 mètres, mais concentré sur 40 km et il fait mal, car il est répétitif. Au lieu de batailler avec un long col, il faut enchaîner plein de petites pentes, mais très abruptes.
. Pourquoi apprécies-tu l Eco-Trail ?
-Déjà, je préfère la difficulté. La longueur me convient bien. Après, il y a le cran des organisateurs qui ont su développer un trail en région parisienne. Je trouve le concept vraiment original. Cela est dépaysant de passer de la nature au béton. Ce mix me plaît.
. Mais est-ce vraiment un trail ?
- Oui. Plus de 90% du parcours est sur sentier. Seulement sur les 7 derniers km on emprunte les quais de la Seine, pour rejoindre la Tour Eiffel. Une année, il y avait plein de boue et ça rendait la performance très dure. On traverse des forêts. On passe au bord de lacs. Donc, pendant pratiquement la totalité de la course, on est immergé en nature. Le principe de la semi autonomie est respecté. Ca se termine au premier étage de la Tour Eiffel, mais ça renforce la magie de la course.
. Quels conseils apporterais-tu aux néophytes ?
- Il importe de temporiser durant les 20 premiers km, pour ne pas se griller en évoluant à une allure trop rapide. De cette façon, on arrive frais au 1er ravitaillement, où les difficultés commencent. Là, il faut penser à bien gérer son hydratation, parce que aucune autre distribution avant le 50e km. Donc, il ne faut pas hésiter à charger en eau, parce que il faudra beaucoup plus de temps pour venir à bout de ce secteur. Si on respecte cette règle, on peut enchaîner correctement les 30 derniers kilomètres, plutôt que de vivre un chemin de croix
. Que suscite pour toi le nuage radioactif censé passer au-dessous de la France à partir de mercredi ?
- Je ne le savais pas encore. Je dirais que ça ne me rassure pas vraiment, car on a déjà connu Tchernobyl en 1986. Il est vrai que cela génère des problèmes de santé publique. Malheureusement, on subit. On ne peut pas avoir de prise sur cet élément. Je travaille à proximité de une centrale nucléaire. En cas de problème, il y a tout un protocole à suivre. Maintenant le gouvernement gère bien et saura prendre les décisions nécessaires en cas de danger.
. Qui places-tu parmi tes adversaires les plus coriaces ?
- Le Britanique Simons est annoncé. Sinon, je pense à Erik Clavery, Franck Bussière, Romuald de Paepe, un très bon rouleur, Sébastien Nain, Bastien Bravais qui a fait forte impression à Gruissan, le Belge Wouter Hamelinck, très bon sur les longues distances et encore une dizaine de coureurs susceptibles de venir jouer les trouble-fêtes. Comme il y a un très beau plateau, je ne veux pas trop me considérer comme un favori. Ce ne constitue jamais une bonne chose. Ceci dit, je suis très motivé. Tous mes proches qui vivent dans le Sud, que ce soit mes amis, ma famille et ma chérie, ils seront à Paris pour me stimuler. Ainsi, pour moi ce sera un bon rendez-vous.