
Les Trophées Mondiaux du Fair Play font partie de ces marques d’honneur que le monde du sport a créé pour mettre en avant certains sportifs. Ces trophées créés par l’Association Internationale de la Presse Sportive visent à récompenser les comportements particulièrement « fair-play ». Cette année, il a aussi été décerné les Trophées du Pouvoir du Sport, dans la continuité des propos de Nelson Mandela, affirmant que « le sport possède le pouvoir de changer le monde ». Edwin Moses et Nawal el Moutawakel ont été récompensés.
200 personnes triées sur le volet ont assisté à cette remise de trophées organisée dans un palace de Lausanne, et au symposium qui l’a précédé sur le thème des dangers des paris illégaux. Des débats autour de ce thème délicat des loteries et paris, menés dans le Musée Olympique, et sous la houlette de Jacques Rogge, le patron du CIO.
Ensuite il était temps de décerner les prix selon le palmarès fixé par les journalistes de l’Association Internationale de la Presse sportive. Honneur à Edwin Moses en premier, avec le Trophée Mondial du Fair Play Jean Borotra. Le Hurdler, champion olympique à Montréal et à Los Angeles a été choisi en reconnaissance d'une carrière sportive consacrée à l'esprit du Fair Play, sur et en dehors de la piste, au service d'un sport sans dopage. Comme le souligne Edwin Moses : « Le fair play a certainement toujours beaucoup compté pour moi. Le combat a été long et juste. Le sport a changé au fil des années : c'était quasiment la guerre à l'époque où les USA et l'Union Soviétique et au-delà, le bloc de l'Est et l'Occident, s'affrontaient. Beaucoup de facteurs favorisaient alors le dopage dans le sport."
El Moutawakel et el Khalil, pour honorer Mandela
Une autre spécialiste du 400 mètres haies a eu les honneurs, Nawal El Moutawakel a reçu le « Premier Trophée du Pouvoir du Sport », que l’AIPS a voulu créer cette année dans l’esprit des propos de Nelson Mandela sur le sport et la paix. La Championne olympique de Los Angeles a toujours milité en faveur de la participation des femmes au sport, expliquant sa démarche : « Le sport m'a enseigné l'honnêteté et la détermination, m'a transmis le respect des autres et tant d'autres choses encore que je sais qu'il ne me sera jamais possible, quoi que je puisse faire, de rendre au sport tout ce qu'il m'a donné ».
Elle partage ce trophée new-look avec une autre femme issue du monde arabe, May El Khalil, qui a fondé le Marathon Blom de Beyrouth, une Course sur route au Label de bronze de l'IAAF, après avoir été victime d'un grave accident alors qu'elle s'entraînait pour un marathon. La Libanaise souligne : « Cet accident, où je me suis retrouvée coincée entre une camionnette et un mur, a été un tournant dans ma vie, a expliqué El Khalil. Lorsque je suis revenue à moi, aux urgences, j'ai immédiatement compris que ma vie avait basculé à jamais. Mais j'ai pris le parti de me dire qu'il y avait une raison à ce qui était arrivé. J'ai décidé de tenter d'organiser un marathon pour que la course à pied au Liban prenne une véritable dimension internationale ».
Tecla Loroupe, Madame la paix
Une autre légende de l’athlétisme a été récompensée : la Kenyane Tegla Loroupe a reçu le Trophée mondial pour la Promotion du Fair Play Willi Daume. Ceci pour saluer son travail en faveur de la paix. L’ancienne marathonienne a été nommée Ambassadrice du sport des Nations unies en s'appuyant sur sa célébrité pour mettre sur pied une série de marathons pour la paix parmi les tribus de sa région.
Le décathlonien Draudvila récompensé
Un sportif plus « actuel » a été également récompensé : le décathlonien lithuanien Darius Draudvila a reçu le Trophée du Fair Play Mondial Pierre de Coubertin. Ceci suite à son geste de cet été au Championnat d'Europe d'athlétisme de Barcelone : alors qu'il menait après les sept premières épreuves, il a prêté sa perche au Biélorusse Andrei Krauchanka, lui permettant ainsi de poursuivre la compétition après avoir cassé la sienne. Le Décathlonien avoue : « J'ai toujours eu le sentiment que les décathloniens forment un groupe bien plus uni que les spécialistes des autres disciplines, et quand il me demanda cela je n y ai pas réfléchi à deux fois, a dit Draudvila. C'était tout simplement naturel. »
Photo : Tecla Loroupe (à gauche), Nawal El Moutawakel (au centre, à gauche) et May El Khalil (au centre, à droite) (photo IAAF/Giancarlo Colombo)