
Traditionnellement, après la saison de cross, le Semi-marathon de la Vente des Vins des Hospices de Nuits-Saint-Georges marque l’ouverture de la saison des courses sur route en Bourgogne. Bien placé au calendrier, à 3 semaines du Marathon de Paris, il permet à nombre d’athlètes d’effectuer une bonne séance au seuil avant l’échéance printanière. Or à l’occasion de la 10e édition, deux triathlètes désireux de se tester sur 21 km l’emporteront. Toutefois, pour la majorité des participants, cette épreuve apparaît avant tout comme un rendez-vous ludique en raison de son atmosphère festive et de la beauté du parcours, qu’ils ne se lassent pas de contempler.
Le circuit conçu sous la forme de deux boucles emprunte des petites routes et des chemins de vigne. Il plonge ainsi les coureurs en immersion au cœur de la Côte-d’Or. Cette année avec près de 2500 inscrits, le record de participation a été battu. Outre le semi-marathon qui comptera plus de 1200 finishers, le 10 km affichera pratiquement 1000 classés.
Par contre, au plan chronométrique le niveau s’avérera moyen. D’une part le tracé vallonné, balayé par des vents contraires en ce premier week-end printanier et parsemé de secteurs rendus boueux en raison de fortes pluies la veille ne facilitera pas la réalisation de performances. D’autre part, tant chez les hommes que chez les femmes le niveau compétitif des favoris ne laissera pas augurer de temps d’exception. Mais cette dernière préoccupation n’est pas la motivation principale des organisateurs, plus préoccupés par la volonté de développer une fête du running avec de nombreuses animations et où les déguisés rivalisent d’originalité.
Néanmoins, le spectacle sportif se révélera fascinant en tête de course, avec un quarteron de compétiteurs qui se livreront à une lutte acharnée, dans l’espoir d’inscrire ce semi à leur palmarès.
Les triathlètes au pouvoir
En l’absence d’Emmanuel David, titulaire d’un record de 2h18 sur marathon et de Régis Raymond, champion de France des 100 km, tous deux licenciés dans le département et qui en 2008 avaient décidé de finir ensemble, suite à un combat épique, la victoire allait-elle revenir à un marathonien, un spécialiste du trail, ou un triathlète ?
Au-dessus du lot, quatre concurrents s’éloigneront rapidement du peloton. Parmi eux, l’inusable Philippe Rémond, 48 ans, 11e aux championnats du monde sur marathon en 1997, Mikael Pasero, second cette année du Trail Blanc de Serre-Chevalier et 3e au Gruissan Phoebus Trail, Michel Juliard et Jany Leseur, triathlète de 24 ans, mais débutant sur semi-marathon.
Face au vent, les 4 protagonistes n’auront de cesse de se relayer. Mikael Pasero lâchera prise au 8e km et expliquera à l’arrivée : « Je suis en pleine préparation marathon. Dans 3 semaines, je vais courir Paris. L’essentiel pour moi consistait à respecter les temps de passage que je suivrai lors du marathon. Je n’ai pas pu accrocher le wagon après l’accélération brutale du 8e km. Compétiteur, je suis un peu déçu du résultat, mais et c’est le point positif, j’ai terminé sur un bon rythme. A Paris, je viserai entre 2h22’ et 2h25’ »
Ensuite, le trio restant poursuivra sa chevauchée jusqu’au 17e km. A ce point de la course, Jany Leseur parviendra à s’échapper pour aller quérir la première place. Il gagnera en 1h11’18’’. Heureux, il déclarera : « C’est dur. Jamais je n’avais couru de semi. Mais dans les 3 derniers km, comme je sentais que ça allait, j’ai pu partir. Triathlète, je cours essentiellement des 10 km. Je possède un record de 31’42’’ sur cette distance. Après les cross, j’ai décidé de me lancer sur semi, parce que cet été j’aimerais terminer un triathlon longue distance, qui se conclut par un semi. Maintenant, je dispose d’un temps de référence et je suis assez content du chrono »
Michel Juliard prendra la seconde place en 1h11’27’’ et Philippe Rémond complétera le podium en 1h11’44’’. Le vétéran reconnaîtra : « Même si on s’est partagé les relais, ce vent de face soufflait fort. Après, je pense que l’âge a fait la différence. Ils ont quelques années de moins que moi et s’entraînent d’une manière plus régulière ». Enfin, le Duc de Bourgogne aura été le premier à l’applaudimètre.
Isabelle Ferrer s'impose chez les femmes
Chez les femmes, aucun suspense : La Triathlète Isabelle Ferrer, vice championne de France se livrera à un cavalier seul après avoir couru le premier tour en compagnie des filles du 10 km. 49e au scratch, elle vaincra en 1h25’57’’, puis admettra : « Je suis satisfaite. Je n’ai pas cherché le chrono, mais simplement à maintenir la vitesse que je respecte sur triathlon. En fait, c’est ma première séance au seuil de la saison. Je voulais voir comment je me sens sur le long et comment je vais récupérer au plan musculaire, avant d’attaquer un triathlon le 3 avril et une épreuve de haut niveau en Thaïlande »
Elle devancera Marie-Noëlle Wolff, 1h28’11’’ et Delphine Clerget, 1h33’45’’.
A noter la tendance générale en direction du sport-santé et du sport-loisir avec 508 coureurs au-delà des 2 heures, soit 40% du peloton. Un chiffre inimaginable 10 ans en arrière.
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Photos : Christophe Rochotte