
En près d'une décennie, le Qatar est devenu une nation émergeante dans le monde de l'athlétisme en pratiquant une politique de naturalisation et recrutement dans le vivier kenyan. 10 ans après, ce système décrié a trouvé ses limites et va sans doute s'éteindre.
L’intégration de coureurs kenyans ans l’équipe nationale du Qatar avait largement jeté un trouble dans la communauté de l’athlétisme notamment lorsque Seif Saaeed Shaheen alors leader mondial du 3000 mètres steeple devenait qatari.
Mais 8 ans plus tard, la donne a changé et ce pays du Golfe semble porter un intérêt moindre pour l’athlétisme, un changement de stratégie sans doute lié à l’organisation de la Coupe du Monde de football en 2022 qui devrait apporter de toutes autres retombées médiatico-politiques que celles véhiculées par ces porteurs de drapeaux que beaucoup considèrent comme des mercenaires.
La fédération d’athlétisme du Qatar a ainsi lâché son entraîneur, l’Italien Renato Canova qui espérait aller au bout de son mandat prévu jusqu’aux J.O. de Londres.
Les « vieux » coureurs kenyans tels Albert Chepkirui mais surtout Seif Saaeed Shaheen qui fut champion du monde du steeple en 2003 et 2005 ont décidé de rentrer au bercail après avoir boycotté les championnats d’Asie l’an passé où le Qatar essuyait le terrible affront de se faire battre sur 5000 m, 10 000 m ainsi que 3000 m steeple par des athlètes du Barhein qui eux aussi ont suivi la même forme d’immigration.
Le Qatar qui compte encore 10 jeunes coureurs kenyans de demi fond entend avant tout développer un athlétisme local en détectant de jeunes talents à l’intérieur des frontières de ce pays de la péninsule arabique. A l’image du sauteur en hauteur Barshim Mutaz qui fut sacré champion d’Asie à Guandzhou l’an passé.
A très court terme, on peut penser que cette diaspora qui n’aura finalement duré qu’une petite décennie, va s’interrompre. Aujourd’hui, les pays du Golfe ont compris qu’il était plus facile et tout aussi médiatique d’organiser des épreuves internationales hautement lucratives que se s’engager dans de telles politiques de recrutement et de naturalisation encore fortement décriées.