
Dans l’optique des championnats du monde, les minima sur marathon ont été fixés à 2h 09’40’’ pour les hommes et à 2h 26’30’’ pour les femmes. Des athlètes français sont –ils susceptibles de passer ces cut à Paris ? Côté féminin, en l’absence de Christelle Daunay qui a renoncée à un marathon de printemps, la cause est perdue. Côté masculin, seul Simon Munyutu, auteur d’un chrono de 2h 09’24’’en 2008 a déjà couru sous les 2h10’. Ainsi, cela semble compliqué pour les autres. Toutefois, dans le cadre des championnats du monde se déroulera une coupe du monde par équipe. Si 3 athlètes parviennent à descendre sous les 2h 12’ à Paris, un collectif sera inscrit à Daegu. Tour d’horizon, en présence de Jean-François Pontier, manager du hors-stade auprès de la FFA et entraîneur de James Theuri, de Simon Munyutu et de Patrick Tambwe.
. Les athlètes ont-ils effectué un stage en altitude ?
-Du 1er au 30 mars, on a organisé un stage au Kenya avec les athlètes qui préparent le Marathon de Paris. Ils étaient 4 : James Theuri, Simon Munyutu, Ruben Idongo et Fouad Larhiouch qui tous deux vont effectuer leurs débuts sur marathon, plus Patrick Tambwé qui a couru le Marathon du Lac de Tibériade et qui sera lièvre à Paris et Sophie Duarte, qui souhaitait s’entraîner en altitude.
. Pourquoi ce collectif n’était-il pas plus important ?
- Concernant les hommes, il n’y en avait pas d’autres susceptibles de préparer le Marathon de Paris en moins de 2h 15’.
. Quid des femmes ?
- Christelle Daunay ne courra pas un marathon de printemps. Adeline Roche n’a pas souhaité venir, parce que dans le cadre d’une préparation terminale, elle ne voulait pas prendre le risque de l’altitude. Malheureusement, elle s’est blessée et ne pourra pas s’aligner au Marathon d’Amsterdam. Patricia Lossouarn vient d’être opérée des ischios-jambiers.
. Cette réalité féminine, Christelle Daunay mise à part, n’est-elle pas inquiétante ?
- C’est un vrai souci. On attend la relève. Dans les 2 ans qui viennent des athlètes vont monter sur marathon. Je pense à Patricia Laubertie. Cependant, la densité n’est pas énorme.
. A propos des garçons, Denis Mayaud, 25 ans ne représente-t-il pas l’avenir par exemple ?
- Je le tanne pour qu’il passe sur marathon. Il a le profil pour réussir. Il vient d’effectuer un bon début sur semi. Avec un chrono de 28’27’’ sur 10000, il possède une bonne vitesse de base. Il a obtenu de bons résultats en cross. Il faut juste qu’il acquiert un peu d’expérience. Après, entre le semi et le marathon, il y a un monde. Ce qu’on souhaite, c’est l’intégrer dans les stages, pour qu’il puisse s’entraîner avec des coureurs d’expérience. Il a fait le premier pas, maintenant il faut que cela murisse, pour qu’il arrive sur marathon au bon moment.
. Après ce préambule, venons-en aux athlètes que vous entrainez. Qu’advient-il de James Theuri ?
- James, dans le cadre de sa préparation a fait une saison de cross, qui correspond à un travail sur 10 km, vu la distance des épreuves. A part, au cross Ouest-France, son hiver a été relativement correct et il a pu acquérir un bon niveau de vitesse. Il a terminé second aux Europe de cross militaires. Ensuite, il a fini 11e aux France, alors que la veille il avait couru les France militaires. Juste après Paray-le-Monial, il est parti au Kenya rejoindre le groupe et il ne va rentrer en France que jeudi. Sinon, mis à part une petite alerte au tendon d’Achille cet hiver, il n’a pas connu de soucis de blessure.
. Durant ce stage fédéral, les athlètes se sont-ils entraînés ensemble ?
-Oui. L’ambiance était sympa et l’entraînement a été collectif. Il y a même eu des sorties longues avec un groupe d’athlètes kenyans, valant entre 2h07’ et 2h10’ au marathon. A l’occasion de la première sortie, il y avait 24 coureurs. Donc, il y a eu de quoi réaliser de belles séances en groupe. Sur les 4 semaines, il y a eu 3 sorties longues : 1 de 25 km, une de 35 courue en 1h57’ et une de 40 km en 2h15’. Lors de cette dernière, on les avait freinés, on voulait qu’ils restent raisonnables. Ils ont commencé par courir les 10 premiers km en 38’. Il ne faut pas oublier, qu’ils évoluaient à 2500 mètres d’altitude. Au cours de la 3e semaine, la séance longue a été remplacée par 3 sorties de 14 km dans la journée. Tranquille à 6 heures du matin. A un rythme moyen à 10 heures et rapide à 18 heures. Egalement, il y avait chaque semaine, une séance de VMA avec durant 45’ des répétitions comprises entre 1’ et 3’. Par exemple, cela pouvait être 15X2’. A cela s’ajoutait une séance sur piste à base de 400 et de 800 mètres. Les 400 étaient enchaînés entre 1’08’’ et 1’08’’. Cela n’a rien d’impressionnant, mais il faut garder à l’esprit que la piste en cendrée était en mauvais état et que tout se passait à 2500 mètres d’altitude. Donc, 150 à 180 km hebdomadaires avec les footings, plus un peu de préparation physique générale.
. Quel est l’objectif chronométrique de James ?
- Il y aura deux groupes. Le groupe de tête passera en 1h03’ au semi et le second, où l’on retrouvera les Français sera encadré par des lièvres qui vont les mener entre 1h04’ et 1h04’15’’ à la mi-course. Après chacun finira en fonction de sa forme. James partira sur 2h10’. S’il passe sous les 2h10’, ça sera un super résultat. Au fond, ce que l’on espère, c’est 3 Français en moins de 2h12’. De la sorte, il y aurait une équipe à Daegu. On a la possibilité d’inscrire jusqu’à 5 coureurs dans le cadre de la coupe du monde, mais il est hors de question d’aller jusqu’à 2h16’. Si le 4e français finit en 2h12’30’’, on étudiera la question, mais en tous les cas, il en faudra 3 en moins de 2h12’. En fait, James va se retrouver dans un petit groupe comprenant 7 à 8 athlètes en prenant en compte les lièvres. C’est intéressant. Outre Simon, James, Ruben, Fouad, il y aura Abdellatif Meftah avec une bonne vitesse de base et un record de 1h01’ au semi qui vise moins de 2h12 pour son premier marathon. Il voudrait se qualifier pour les JO. Par contre à Daegu, il est plus intéressé par le 10000 mètres, que par le marathon.
. Et Simon Munyutu ?
- Après une fracture de fatigue l’an passé, il est dans une phase de reconstruction. En matière de compétitions, son hiver a été plutôt light. Il est parti au Kénya dès le 15 janvier et il y est resté jusqu’au 30 mars. Donc un long stage. Physiquement, il est revenu à son meilleur niveau, mais ses 2h09’24’’ remontent à 2008. Je croise les doigts pour qu’il reste dans le second groupe. Je vais le travailler au corps en ce sens. Ce serait suicidaire de passer en 1h03’ au semi.
. Vous avez évoqué un collectif masculin à Daegu. Qu’en est-il des féminines ?
-Non, il n’y aura pas 3 filles en moins de 2h32’’. Il n’y a pas les moyens physiques.
. Dans quel état d’esprit êtes-vous ?
- Je suis assez confiant. Après, le marathon c’est un peu l’inconnu.