
Ne nous voilons pas la face, en ultra route et en ultra trail le dopage existe aussi. Certainement pas un dopage aussi sophistiqué que celui qui gangrène le cyclisme, le marathon ou certains sports-co professionnalisés mais un dopage du pauvre à base de produits relativement faciles à acquérir.
Mais la planète ultra reste néanmoins un monde à part, une communauté, presque une famille soudée où règne une certaine fraternité et qui lorsque dérapage est détecté, n’hésite pas à crier fort pour mettre en garde ou apostropher ceux qui ont commis une erreur ou une faute.
Alors on ne peut pas être surpris que le contrôle anti dopage positif concernant Sylvie Boissy suscite de telles réactions sur internet dans le petit monde des ultrarunners.
Des réactions qui ont redoublé en apprenant que Sylvie Boissy avait couru le semi marathon de St Symphorien d Ozon sous le nom de Cartoux - Boissy (3ème féminine en 1h 32.29), épreuve ayant eu lieu le 13 mars alors que Sylvie Boissy recevait une notification de l’AFLD spécifiant que sa suspension prenait effet le 12 mars (voir le site de la FFA confirmant cette période d’interdiction de prendre part à une compétition).
Par ailleurs, à l'heure d'internet et de la surinformation, il est difficile de passer à côté de ce genre d'informations dès lors que l'on accède à un niveau de performance qui permet des podiums et des victoires.
Cette spécialiste des courses ultra (24 heures, 100 km, ultra trail) a témoigné auprès de l’organe disciplinaire d’un acte de négligence de sa part prétextant avoir pris quelques jours avant les 100 km de Millau, des comprimés de prednisone arrow, un anti inflammatoire déjà prescrit pour une angine le 23 août. Soit un acte médical intervenu 4 jours avant l’UTMB, épreuve à laquelle elle prenait part, terminant 6ème VF1 en 15h 35.
Au-delà de cette petite affaire qui secoue le landerneau des ultrafondeurs, on peut juste poser la question sur un plan général, et cela ne s’applique pas uniquement au cas Sylvie Boissy, sur les raisons qui peuvent pousser à courir des épreuves d’ultra en étant souffrant(e) alors que l’on va soumettre son corps à des efforts hors du commun, sur les sentiers du Mont Blanc pendant 15 heures (ou 30 heures si la course n’avait pas été réduite) puis un mois plus tard sur la route des 100 km de Millau pendant 9 heures.
Ce n'est un secret pour personne que sur les épreuves de type ultra trail, l'automédicamentation est largement pratiquée avec un abus avéré d'anti inflammatoires pour atténuer les douleurs, masquer les tendinites et venir à bout de ces périples. Des dérives largement dénoncées par le corps médical.
Signalons enfin que c'est le deuxième cas de ce type enregistré lors des 100 km de Millau en deux ans.