
Une piste en herbe, c’est le terrain que rencontreront les meilleurs Mondiaux ce dimanche pour ce championnat du Monde de cross-country, installé à Punta Umbria, une station balnéaire d’Andalousie.
La mer n’est qu’à quelques centaines de mètres de ce terrain de cross assez étonnant avec un anneau de pelouse très verdoyante, déroulé sur 2 kilomètres au milieu d’un bois, juste à côté d’une zone d’entrepôt, et d’une rocade. Avec un départ et une arrivée carrément installés sur un stade d’athlétisme, une vraie nouveauté pour un Mondial de Cross !
L’équipe d’organisation a bien travaillé pour créer cette boucle très belle, mais sans grande difficulté malgré la pose de troncs d’arbres. Mais on pressent bien que ce ne sont pas ces neuf troncs d’arbres, qui auront grand impact sur l’allure des coureurs. Avec une conclusion pour tous les observateurs : c’est un parcours pour les Africains.
Une bonne nouvelle pour le clan kenyan, qui ne dissimule pas ses espoirs pour ce Mondial, et aussi ses craintes. Comme nous l’explique l’un des neufs journalistes du Kenya présents en Espagne : « Ce ne sera pas une plaisanterie que de réussir comme l’année dernière en Pologne. » Il est vrai que l’équipe du Kenya y avait placé la barre extrêmement haute en raflant tous les titres individuels et collectifs, avec même un triplé chez les juniors garçons et filles, et un doublé chez les seniors filles.
Le seul petit bémol pourrait venir de la température, 25 degrés en milieu de journée, ce n’est pas tout à fait ce que connaissent les Kenyans, avec un camp d’entraînement installé à Embu, en altitude, où les températures sont plutôt fraîches.
Comme d’habitude, la lutte promet bien sûr d’être rude pour les titres, et podiums, le cross demeurant la discipline fédératrice qu’elle a toujours été, en regroupant pistards et marathoniens. Mais tout de même, ce « cru » 2011 est particulièrement faible au niveau de la participation, 425 athlètes seulement pour une cinquantaine de pays représentés. Depuis la disparition du cross court en 2006, le nombre de participants s’effrite chaque année, et on est ainsi revenu au niveau du début des années 80.
Le record d’inscrits (hors période du cross court, entre 1998 et 2006), remonte à Budapest en 1994, avec 760 athlètes et 60 pays. Et à Vilamoura en 2000, avec le cross court, il y avait 806 athlètes et 76 pays présents.
L'Europe a définitivement tourné cette page du Mondial, avec 18 pays représentés seulement, contre 34 début décembre pour le championnat d'Europe de cross.
Un choix dans la logique impulsée par l'IAAF, avec sa décision de passer à un Mondial tous les deux ans. L’IAAF a « lâché » le cross-country, et oublié sa politique volontariste d’invitation de petits pays pour gonfler le nombre de pays présents. Même si on a inscrit à la hâte ici un coureur d’Iraq, Qusay Hasan…
Photo Gilles Bertrand
> Odile Baudrier - photo Gilles Bertrand