
La course juniors garçons est revenue au Kenya, avec une démonstration de force de Kamworor, qui ramène le titre collectif à son pays, en supplantant l’Ougandais Akeyo et son compatriote Mwikya.
La chaleur était encore montée d’un cran pour cette course juniors, disputée en plein midi, et que le clan kenyan espérait bien dominer. Au premier tour, un groupe d’une dizaine de coureurs s’est détaché, avec Ethiopiens, Kenyans, l’Ougandais Akeyo, et un maillot vert fluo, celui de Kifle de l’Erythrée. Là encore, les Ethiopiens apparaissent attentistes.
Au 2ème passage après 4 km, le Kenyan Kamworor mène la course, avec à ses trousses quatre Ethiopiens, l’Ougandais Akeyo, les autres Kenyans un peu en retrait. Au 3ème passage, après 6 km, Kamworor est à la bagarre avec l’Ethiopien Dida, alors que l’Ougandais Akeyo s’est placé en 3ème position. Le trio compte quelques mètres d’avance sur les autres Kenyans et Ethiopiens, le 10ème athlète du top 10 étant un autre Ougandais, Araptany. L’écart entre les deux équipes Ethiopie-Kenya s’est creusé, avec un avantage au Kenya. Les entraîneurs du Kenya n’en finissent pas d’agiter leurs drapeaux sur le côté du parcours. L’Ougandais Akeyo fait l’effort, pour rester dans la foulée de Kamworor, et l’Ethiopien Dida en fait les frais, il est décroché, et se voit même dépassé par un autre Kenyan, Mwikya qui prend la 3ème place.
Kamworor finit en puissance, pour une médaille d’or, que le clan du Kenya salue avec enthousiasme. Les journalistes ne sont pas les derniers, ils se lèvent comme un seul homme, les bras levés vers le ciel en signe de victoire ! Un peu plus tard, Peter Angwenyi, le responsable des relations publiques pour la Fédération du Kenya, prend à témoin Anna Legnani, la responsable des médias à l’IAAF, et il exulte en lui disant : « Je te l’avais bien dit ! »
Kamworor n’était pourtant peut-être pas son véritable favori, n’ayant jamais jusqu’ici réussi à se qualifier dans l’équipe nationale. Même s’il était aussi l’athlète le plus âgé de cette équipe, 18 ans depuis fin novembre, Kamworor n’est pourtant qu’un quasi-débutant en athlétisme, qu’il ne pratique que depuis 2008. Avec un vrai talent qui l’a incité à quitter l’école secondaire dès 2009.
Cet athlète à temps plein s’est ensuite beaucoup dispersé, avec 11 courses sur piste l’année dernière, sur 1500 m, 3000 m et 5000 m. On l’a même retrouvé fin novembre au départ du semi-marathon Masaï Mara, qu’il a remporté en 1h03’40’’, pour empocher 3000 dollars au passage…
Cet hiver, Kamworor s’était aussi mis en avant, en remportant le Cross Discovery d’Eldoret fin janvier, devant tous les seniors, mais il n’avait terminé que 4ème aux Trials juniors du Kenya en février. Une modeste place finalement, mais l’essentiel pour lui était bien de remporter son ticket pour Punta Umbria.
Durant les 6 kilomètres, il n’a à aucun moment faibli d’allure. Derrière lui, l’Ougandais Akeyi réalise une belle démonstration, avec cette 2ème place, tellement heureux qu’il lève le poing en l’air sur la ligne d’arrivée. Les Ethiopiens sont moroses, aucun athlète sur le podium.
La chaleur a peut-être joué les trouble-fêtes, les athlètes visiblement très fatigués dans l’aire d’arrivée. Romain Collenot-Spriet récupère, il a ressenti un petit coup de chaleur dans la dernière boucle, mais s’avoue tout de même assez satisfait de sa 48ème place : « J’espérais finir dans le top 50 ; Au premier tour, j’ai senti que j’étais très en forme, les jambes étaient bonnes, j’étais dans les 35. Mais dans le dernier tour, la chaleur m’a gêné, je perds 10 à 15 places, et dans les derniers mètres, mes jambes ne me portaient plus. »
Un thermomètre à 26 degrés pour courir en plein mois de mars, ce n’est pas banal, et cela joue les trouble-fêtes…
> Photos Gilles Bertrand
Romain Collenot Spriet 44 – Maxime Salmeron 55 – Djilali Bedrani 78
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