
A peine est-il sorti de sa remise de médaille que Kafetien Gomis tombe dans les bras de son frère de rasta. Celui-ci de l'empoigner avec force et de lui lâcher dans un sourire étincelant de bonheur : "J'ai faim" en mimant le geste de croquer la médaille d'argent du frangin.
Kafetien Gomis est monté sur le podium comme un mime ou un braker à pas contrôlés, aux déhanchements chaloupés.
Kafetien second de ce concours, c'est Gomis qui rit. Salim une nouvelle fois quatrième dans un grand championnat, le nez tristement collé à cette porte qui reste condamnée, sans trouver la bonne combinaison du cadenas, c'est Sdiri qui pleure.
Un Salim Sdiri qui attaquait fort ce concours en chopant un beau 8,20 m dès son premier essai alors que Christian Rief l'Allemand bondissant débutait toute en douceur (essai mordu puis 7,87 m), au risque de crisper son entourage très nerveux à l'amorce du 3ème essai. Course d'élan parfaite, gestes engagés et un saut mesuré à 8,47 m, le contrat était rempli plus tôt que prévu, assez pour tuer nerveusement ses adversaires.
Si Salim Sdiri s'enlisait, Kafetien Gomis lâchait à son 6ème saut toute la puissance qu'il n'était plus temps de garder en soi. Après un premier saut mesuré à 8,00 m, celui-ci poursuivait le concours avec des X s'imprimant sur l'écran digital témoin de 4 sauts mordus. Assez pour mettre la tête dans le sable.
Il s'agissait alors du coup de poker que l'on ne réussit que rarement. Kafetien réunissant toutes ses forces comme pour faire face à bien des galères. Briser le signe indien. C'était là, tout de suite.
Là, tout de suite, ce fut ce saut mesuré à 8,24 mètres symbole de l'argent et d'une équipe de France sacrément culottée dans ce stade de Montjuic concluant ces Europe avec un total de 18 médailles.
Photo Gilles Bertrand
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