
Après avoir longtemps couru après les minima, Nouredine Smaïl s’est qualifié sur 5000 m en réalisant 8’22’’67 sur… 3000 m steeple. Une qualification exceptionnelle pour le champion d’Europe espoirs de cross qui s’explique dans la qualité de son potentiel. « C’est un jeune athlète et il faut l’encourager, souligne Philippe Dupont, le responsable du demi-fond français. Comme il n’était pas raisonnable qu’il court un quatrième 5000 m entre Valence et Barcelonne, il a voulu se tester sur 3000 m steeple. A Paris, il réalise les minima en 8’22’’67. Comme les trois places étaient déjà prises par Bouabdellah (Tahri, 8’03’’72), Mahiedine (Mekhissi, 8’08’’82) et Vincent (Zouaoui-Dandrieux, 8’21’’27), il nous a semblé logique de le basculer sur 5000 m, la distance qu’il a préparée cette saison. »
Dans sa course à la qualification sur 5000 m, Nouredine avait enchaîné deux 5000 m de bon niveau en cinq jours : Rabat en 13’36’’03 et Carquefou en 13’32’’15 (record personnel). Puis, il avait été champion de France à Valence (14’07’’62). En faisant le choix de descendre sur 3000 m steeple à Paris, cinq jours après son 5000 m dans la Drôme, Nouredine a montré une certaine polyvalence qu’il revendique : « Le demi-fond, ce n’est pas que le 5000 m ou de la course au train. J’aime les changements de rythme comme en cross-country et sur le steeple. Le fait d’avoir plusieurs cordes à mon arc m’a permis de passer du 5000 m au 3000 m steeple sans soucis. Pourtant, je n’avais pas fait beaucoup de franchissement barrière et j’ai fait les minima. Forcément, cela me donne des idées pour la suite… »
Objectif : une place dans le Top 8
Dans l’immédiat, Nouredine est au départ des séries du 5000 m, aujourd’hui. S’il est 7e au bilan européen sur 3000 m steeple, il ne pointe qu’a la 16e place sur les douze tours et demi de piste. Entre les absences et le nombre de qualifiés par pays, le Français a le neuvième temps des deux séries. Comme quinze coureurs seront qualifiés pour la finale, on ne peut pas dire qu’il a la pression. D’autant plus qu’avec ses 13’32’’15 de Carquefou, il est loin du trio de tête : l’Espagnol Alemayehu Bezabeh (12’57’’25, nouveau record d’Espagne) et des Britanniques Mo Farah (13’05’’66) et Chris Thompson (13’11’’51).
Reste ce fameux statut de finaliste, le minimum que l’on puisse lui demander. Être dans le Top 8 est donc son objectif. « Si j’avais pu trouver la bonne course cette saison, je pense que j’aurai pu courir entre 13’18 et 13’20. Ce n’est pas ce temps que je compte faire à Barcelone. Mais derrière les deux autres Espagnols Jesus Espana et Sergio Sanchez et l’Irlandais Alistair Craqq, je pense trouver ma place. » Cette d’un demi-fondeur qui excelle dans la polyvalence.
Vidéo Arnaud Sauveplane - Interview Gilles Bertrand.