
Après une saison folle conclue par deux fabuleux records du monde du 800 mètres (1’41»09 à Berlin puis 1’41»01 à Rieti), après les honneurs reçus à Monaco apès avoir été sacré athlète de l’année, David Rudisha est rentré au bercail et a repris le chemin de l’entraînement.
Et cela de la façon la plus simple, sans rien changer dans ses habitudes. C’est ainsi qu’il a retrouvé le petit stade d’Iten ainsi que les parcours d’entraînement ceinturant cette petite ville, véritable plaque tournante de la course à pied et de la "running industry"au Kenya.
Brother Colms, l’emblématique entraîneur du collège St Patrick a eu plaisir à retrouver son élève au sein du groupe de juniors qu’il entraîne au sein de son école en sachant cependant que David Rudisha allait évoluer désormais sur un fil fragile.
Car comment concilier l’exploitation d’une énorme notoriété qui dépasse les frontières du Kenya et un entraînement d’une extrême rigueur qui devrait logiquement le conduire vers le titre Mondial à Daegu et vers de nouveaux records ?
Lors d’un entretien accordé à la presse kenyane qui a réussi à l’approcher, celui-ci a confirmé lui-même ses craintes : « Je dois rester concentré pour maintenir la position qui est la mienne. Ca ne sera pas facile mais grâce au travail acharné, je peux le faire ». Celui que l’on aperçoit actuellement dans un spot publicitaire télévisé vantant les mérites d’un cirage à chaussures a également précisé : "Quand je suis parti pour battre le record du monde, je savais que l'attention serait sur moi et j'étais prêt à manipuler cela, mais parfois, s’était trop et cela interférait sur mon programme d’entraînement. Il fallait donc apprendre à gérer cela et je suis entrain d'apprendre à le faire".
Brother Colms a salué ce retour au bercail avec un certain soulagement en espérant que de se retrouver avec un groupe de juniors permettrait à Rudisha de rester les pieds sur terre. Avec un seul objectif pour l’année à venir : construire un vrai palmarès avec un titre de champion du monde à Daegu, objectif prioritaire de la saison prochaine.
Car à Iten, à 2400 m d’altitude, tout est en place pour ne penser qu’à la course à pied, pour rester concentrer, pour ne pas dévier de ses objectifs pour ne pas se laisser perturber par de multiples sollicitations.
Son partenaire d'entraînement, Sammy Tangui, a lui aussi rejoint le camp d’Iten pour emboîter la longue foulée de Rudisha. Interrogé sur son compagnon d’entraînement, celui-ci déclarait récemment : « David pouvait aller encore plus vite cette année. Si la saison avait duré un mois de plus, il l'aurait fait 1’40 » car il était si en forme".
Son entraîneur d’ajouter : « Ne soyons pas pressé. Quand Wilson Kipketer a battu le record du monde, il avait 26 ans. David n’a que 21 ans et il a encore bien le temps d'enregistrer des temps meilleurs. Mais il sait que désormais il doit donner la priorité aux titres majeurs à remporter ».
Photo
Gilles Bertrand