
Organisé pour la première fois en 1973, le Mondial de cross ne le sera pas cette année. En effet, l'IAAF a décidé de proposer ce Mondial tous les 2 ans. Le Kenya et l'Ethiopie ont été les premiers pays à manifester des critiques, mais aux Etats Unis, des voix s'élèvent pour dénoncer une telle mesure qui menace l'avenir du cross.
Pas de championnats du monde de cross cette année, il n’y a pas que les kenyans et les éthiopiens qui manifestent leur colère, il y a aussi les américains.
Car à quelques jours du championnat national, les organisateurs et la fédération américaine ont pu constater un désintérêt certain pour ce National, faute de sélection pour le Mondial.
Il faut reconnaître qu’en consultant la start list de ce championnat national qui aura lieu à St Louis, tous les ténors du demi fond ont déserté le champ de cross.
Certains ont privilégié l’indoor, mais la plus plupart ont préféré tenter leurs chances lors des trials sur marathon qui ont eu lieu le 14 janvier dernier à Houston (voir reportage dans VO2 magazine de ce mois-ci).
Bref, on ne s’y prendrait pas mieux pour décapiter une discipline qui reste pourtant le socle de base pour le développement du demi fond et du marathon. S’il suffisait d’un seul exemple, nous pourrions prendre celui de Shalane Flanagan. L’américaine fut médaillée de bronze lors du dernier Mondial de cross à Punta Umbria en 2011 et est devenue aux Etats-Unis l’égérie de la course à pied.
En France, le manque de Mondial ne semble pas altérer le moral des troupes. La résignation l’avait emporté depuis longtemps dans le camp tricolore. Et force est de reconnaître que les Europe de cross sont venus à point nommé remotiver les troupes pour offrir un contexte de course où l’équipe de France peut exister et se battre au plus haut niveau.
De plus la perspective des J.O. et d’une sélection pour Londres motive l’ensemble de la classe demi fond qui témoigne d’un regain de compétitivité, surtout sur 3000 m steeple et 1500 m. Sans oublier les Europe d’Helsinki que certains français ont déjà coché à juste titre, sur leur agenda comme priorité absolue pour se construire un palmarès.
Dans un tel contexte, le Mondial n’est plus une priorité pour un athlète français comme fin des années 80 ou début des années 90, la génération Sergent, Arpin, Pantel qui a marqué de son empreinte boueuse l’histoire du cross français.