
Si Sophie Duarte a confirmé sa place de meilleure Française, Morhad Amdouni s'est rassuré. Derrière les deux leaders, la lutte a été serrée, notamment chez les Françaises ou les sélectionnées aux Europe se sont fait surprendre par une Carmen Oliveras en grande forme.
L'équation est complexe : comment peut-on être en forme en novembre pour les sélections aux Europe, faire une belle course au Ouest-France et viser une place aux "France" ? 4 mois à être sur le pic de forme, ce n'est pas possible, alors les athlètes priorisent et multiplient les micro-cycles pour essayer de tenir. Hassan Chahdi, flamboyant à Allonnes et très beau 4e aux Europe n'a pas tenu : "Je n'ai pas récupéré depuis les Europe. Je suis quand même parti en stage à Iten mais je suis resté presque 15 jours sans rien faire. J'ai pu profiter de la vie là-bas, des Kenyans, mais pour être performant aujourd'hui, c'était trop compliqué". Son périple pour rentrer samedi du Kenya est aussi certainement à prendre en compte, puisqu'il n'a pu rejoindre Le Mans que dans la matinée. Pas idéal, mais suffisamment inquiétant pour que le jeune homme décide, a priori, de faire l'impasse pour les France et se consacrer à sa préparation estivale.
S'il n'a pas abandonné, Abdellatif Meftah (13e et 2e Français) a fait une course de souffrance. Elle est loin l'image aérienne de 2011 où il montait sur le podium. Le sélectionné olympique qui enchainait sa 3e course de haut niveau en 8 jours, a subi pendant 10 kilomètres : "C'est vraiment dur aujourd'hui, je souffre d'une douleur au pied. Je voulais faire dans les 10 mais j'ai trop couru pour être performant. Je ne sais pas si je vais pouvoir partir en stage demain à Monte-Gordo avec l'équipe de France". René Auguin, son manager, disait même que le Ouest-France serait sa dernière sortie de l'hiver dans les labours.
Benjamin Malaty (16e et 5 Français), révélation de l'hiver chez les seniors semble quant à lui avoir passé ce coup de moins bien inévitable. C'était la semaine dernière à Edinburgh où il se perdait à une obscure 23e place : "J'étais vraiment mal et j'ai pas passé une bonne semaine. Cette course me rassure avant de débuter ma préparation pour le marathon de Paris. C'est parti vraiment très vite et j'ai fait quelques erreurs en suivant la tête de course au départ, mais l'essentiel est que la forme revient".
Chez les féminines, Carmen Oliveras a semé le trouble dans la belle hiérarchie des Françaises. Absente à Velenje, la vétérane a réussi une grande course en prenant la 12e place à 11 petites secondes de Sophie Duarte. Elle monte en puissance et à sa façon, répond à l'équation initiale. Elle devance même de 5 petites secondes Christine Bardelle, 11e aux Europe. Une Christine Bardelle mitigée à l'issue de sa course : "Je suis à ma place. Il me manque de la fraîcheur pour être mieux, mais après avoir coupé quelques jours après Houilles, il fallait que je refasse un cycle de travail". Avec en double objectif, un 3 000 m en salle et une place sur le podium aux France. Et le rêve d'enfin toucher le Graal, elle qui a terminé 4 fois à la seconde place.
Suivait ensuite un train bleu/blanc/rouge : Pellen, Laubertie, Picoche, Pasquier se tiennent en 9 petites secondes. De bon augure pour une Maryline Pellen qui revient tout juste après un automne gâché par les blessures, de très bon augure pour Karine Pasquier qui doit gérer le décès de son coach, Patrice Perrais. Mais frustrant pour Patricia Laubertie : "Je n'arrive pas à partir vite et je passe ma course à remonter. Je pense que je fais une erreur entre le 1er et le 2e kilo quand la course a ralenti (3'15 puis 3'26). J'ai temporisé aussi alors que j'aurai dû recoller au peloton des Françaises. Ca m'aurait évité de courir quasiment toute seule et je pense que j'aurai pu gratter 2-3 places. Va vraiment falloir que je règle ça à l'entraînement, car je trouve que je suis trop lente sur mes séances de 1 000 par exemple".