
2e, 1er,4e, 2e. Voici le bilan de Florian Carvalho lors de ses 4 participations aux championnats d’Europe. Dimanche à Velenje, en l’absence du tenant du titre Hassan Chahdi qui préfère courir avec les seniors, le Francilien sera le grand favori. Un statut assumé avec confiance et sérénité.
. Florian, comment aborde-t-on une course avec le panneau de grand favori dans le dos ?
- Ce sont vous et les autres coureurs qui me désignent comme grand favori, moi je sais que je fais parti des vainqueurs possibles, mais par l’archi-favori. J’ai la chance d’avoir connu déjà cette situation en 2008. J’avais terminé 2e en 2007 en juniors 1 et j’étais donc le favori logique. Cela ne m’a pas empêché de faire ma course et de gagner. Pour dimanche, il ne faut pas s’enflammer, il y a des clients sérieux, deux Norvégiens et deux Espagnols notamment. Et au sein même de l’équipe de France, le niveau est sacrément costaud. Simon a fait 13’38 cet été, il va être un très gros outsider. Mais mon objectif est clair : revenir avec deux médailles !
. Est-ce que ton expérience d’Ostrava et Daegu l’été dernier t’aide à mieux gérer encore les grands évènements ?
- Je n’arrive pas à comparer l’attente avant une compétition sur piste et un cross. Un cross, c’est long et même si on rate son départ ou s’il y a un incident de course, on a le temps de revenir. Sur piste, et d’autant plus sur 1 500 m, une course est à chaque fois différente. Ca peut partir vite ou au contraire très lentement et il faut pouvoir s’adapter à chaque fois. Disons qu’année après année, je gagne en expérience, ce qui n’est jamais mauvais…
. Tu évoques l’équipe de France : penses tu que vous êtes intouchables ?
- Non. L’an passé, on fait 1 et 2 avec Hassan et on ne termine que 2e, battu par l’Irlande. C’est d’ailleurs le message que je vais faire passer au 5 autres gars : chaque mec compte, les 4 de l’équipe et les 5 et 6 pour faire reculer les autres équipes. La pire des choses serait de penser que le titre est déjà en poche. C’est faux et je compte bien tout faire pour revivre 2009 et le titre par équipe.
. A Allonnes, tu as prouvé que tu faisais parti des meilleurs Français, toutes catégories, finissant quelques secondes derrière Hassan Chahdi. Il a choisi de courir en senior, n’as-tu pas été tenté de faire comme lui ?
- Pas du tout ! Je respecte sa décision car il est champion d’Europe espoirs en titre et a prouvé l’an passé qu’il était parmi les 3 meilleurs seniors. Pour moi, c’est très différent. D’abord au niveau du kilométrage : A Allonnes, il m’a manqué un petit kilo pour finir avec Hassan et dimanche il y a 600 mètres de plus en seniors mais 1 500 de moins en espoirs. Je devrais donc être plus à l’aise sur 8 100 m. Et puis surtout, je n’ai pas remporté le titre en espoirs et ça me plairait vraiment de le gagner. Alors entre une 15e place, peut-être, en seniors et un titre en espoirs, je n’hésite pas.
. Quel a été ton programme depuis Allonnes ?
- Cette saison est vraiment curieuse car j’ai coupé tout le mois de septembre. Je n’ai repris que le 1er octobre et Allonnes arrivait très tôt. Cette course m’a fait beaucoup de bien car j’ai vu que j’étais déjà en forme avec 7 semaines d’entraînement. Courir avec Hassan a été une très bonne chose car on court ensemble depuis des années. Je me suis accroché à lui le plus longtemps possible et sa présence m’a aidé à sortir cette course. Depuis, comme tout le monde je suppose, j’ai fait 2 semaines solides et c’est un peu plus cool depuis dimanche dernier.
. Bryan Cantero nous a parlé de ses séances très solides sur la piste. Peux-tu nous en dire un peu plus sur tes séances ?
- Oui, mais cela ne va pas forcément être très parlant car je n’ai pas été une seule fois sur la piste. D’ailleurs, je ne vais jamais sur la piste l’hiver, juste une ou deux fois avant une compétition en salle, mais c’est tout. Donc, je cours 12 fois par semaine avec un volume total compris entre 110 et 120 km et toutes mes séances sont en nature. Je sens bien que je suis solide sur mes fartlecks et mes séances d’allures mais je n’ai pas de repères de vitesse très précis.
. 2012 est une année Olympique, est-ce que tu as déjà commencé à t’y projeter ?
- Pas tellement en fait. Là, je ne pense qu’à dimanche et puis au stage à Albuquerque que je vais faire en janvier. Londres, c’est encore loin. C’est mon objectif de la saison car j’ai un record en dessous des minima demandés (3’33’’60 à Monaco l’an passé et les minima sont fixé à 3’34’’90), mais la saison est encore très longue. Je sais juste que cet hiver, je ne ferais pas les championnats du Monde en salle à Istanbul. Je vais privilégier un gros 3 000 m et les championnats de France de cross court auquel je n’avais pas pu participer l’an dernier car j’étais sélectionné aux Europe en salle. On verra ensuite pour se projeter sur la saison estivale.