
Victorieuse en 2009, seconde en 2010 après une saison chargée en compétitions et diminuée par l’incubation des oreillons, Maud a retrouvé toute son énergie cette saison. Forte du titre mondial décroché le 19 juillet au Connemara, elle espère bien accéder à la plus haute marche du podium dimanche.
. Quel a été ton programme depuis les mondiaux ? As-tu pu consacrer du temps à la récupération ?
-Durant les mondiaux au 14e km, j’ai senti une douleur vive à la cheville. Mais focalisée sur l’effort, cela ne m’a pas empêchée d’aller au bout. Au final, après examen il s’est avéré qu’il s’agissait d’une micro fracture de l’astragale et du calcanéum. Heureusement que j’avais mes manchons Sygvaris. En dépit de la souffrance, la zone blessée a été bien maintenue. Suite à ça, je n’ai pas pu m’aligner à la 6000 D et j’ai coupé 3 semaines. Puis, je suis partie en vacances avec mes filles, avant de revenir à l’UTMB, où j’ai terminé 5e. Pour moi cette édition revêtait une connotation spéciale. Une semaine avant j’avais perdu ma grand-mère. Cela m’a motivée à aller au bout et en quelque sorte à boucler la boucle avec cette épreuve, parce que je n’aime pas ce que mon corps et mon esprit deviennent au-delà de 13 heures d’effort. L’ultra exigerait de s’y mettre à fond, or j’aime encore courir vite. Je me souviens qu’en 2009, un fois les 13 heures passées j’étais tel un zombi. Je souffrais du manque de sommeil et j’avais l’impression de vivre une mauvaise cuite. Sans avoir bu d’alcool, je ressentais une mauvaise ivresse. Donc, faute de plaisir, j’avais préféré arrêter. Aussi pour Aurélia qui m’a suivie et les gens de mon club qui m’encourageaient, je me devais de finir.
. Désormais, quid de cette astragale et de ce calcanéum ?
-Cela reste encore un peu raide, mais je n’y pense plus. Je ne me contracte plus, j’arrive à bien envoyer en descente. Depuis un mois, je parviens à bien courir des petits trails de 10 km et des 10 bornes sur route.
. Forte de ton statut de championne du monde, comment vis-tu ta participation à des épreuves d’un niveau régional ?
-Normalement. Il faut rester humble. Pourquoi devrais-je changer ? Et de mon point de vue, il n’existe pas de petites courses. Sur des 10 bornes, je me retrouve à la lutte avec les autres filles et je ne gagne pas. Je n’ai pas la prétention de battre des Africaines. Mon record est de 37’26’’. Malheureusement, j’ai tendance à toujours partir trop vite. J’ai besoin de concourir sur des distances, où l’allure est rapide. Ca booste. Et j’ai beau avoir de gros cuisseaux j’avance.
. Comment s’explique ta motivation pour les Templiers ?
-Déjà, le TTN va se jouer à Millau. Aurélia se situe derrière moi, mais si je ne termine qu’une place devant elle, elle remportera le titre. Tout ça pour une histoire de bonus attribué en fonction du nombre de participants. Tout ce calcul de points est bizarrement fait. Par exemple, si je gagne les Templiers, mais pas le TTN, les gens ne vont pas comprendre. C’est paradoxal.
Après, aux Templiers je vais être heureuse de retrouver Corinne Favre. Après, j’ai 3 filles et j’aimerais bien ramener une 3e coupole à la maison. Pour l’instant, deux ça ne colle pas. Il m’en faut donc une 3e, mais si possible pas celle de bronze, même si cela plairait à mes petites. Enfin, ce sera ma dernière course de la saison et l’occasion pour moi de retrouver les filles des autres teams. Le 02 novembre je passerai sur le billard pour un problème d’arthrose à un pied. Voilà pourquoi, je ne pourrai pas me rendre au trail de San Francisco.
. Et les primes ne constituent-elles pas une motivation supplémentaire ?
-Evidemment ça met du beurre dans les épinards, mais je ne cours pas pour l’argent. Sinon, je serais plus souvent en Italie. Les primes ne me choquent pas. Ca fait partie de l’évolution du trail. Je ne comprends pas ceux qui boycottent les Templiers pour cette raison.
.Qui places-tu parmi les autres favorites ?
-Corinne va être très forte. Le parcours convient bien à Aurélia Truel. Il y a également Laurence Klein, Virginie Govignon, sans oublier Sandrine Motto-Ros.