
Nathalie Mauclair, c’est une trajectoire hyper-rapide : début de l’athlé en 2009, double championne de France vétérane sur semi et marathon en 2010 et à l’assaut des Templiers cette année. Découverte de cette ancienne vététiste en pleine reconversion sportive.
Pour un premier grand trail, tu t’attaques au plus grand, comment te sens-tu une semaine avant la course et comment as-tu préparé cette course ?
Stressée. La préparation allait vraiment bien jusqu’il y a 15 jours où je me suis fait une contracture au quadriceps gauche. Je ne sens plus rien, mais je cogite pas mal depuis. Côté préparation, je suis restée à mon rythme habituel, soit de 12 h à 15 h de sport par semaine, en faisant 4 sorties en course à pied, 2 en vélo, route ou VTT, et une de natation. J’ai simplement rallongé mes sorties longues le week-end en course à pied pour arriver à 3 heures sur terrain vallonné près de chez moi au Mans. J’ai également intégré un peu de Canoë car je me suis lancée cette année sur des Raids et il me manquait la pratique de cette discipline.
Quel objectif as-tu en prenant le départ de cette course ?
Je suis toute surprise que l’on me place parmi les favorites car je me sens plus en course pour un top 10, voire 5 si vraiment tout se passe bien. Quand j’ai commencé à réfléchir à l’organisation de ma saison 2011 en fin d’année dernière, je voulais me lancer sur le TTN long et les Templiers étaient dès lors un passage obligé. Mais après mon titre de championne de France de marathon à Nice/Cannes l’an passé, j’ai été blessée de longs mois (double tendinite ischios et pyramidale) et je n’ai pu m’entraîner sérieusement qu’à partir du mois de mai. Trop tard pour le TTN mais j’ai gardé l’objectif des Templiers, plus comme une reconnaissance pour la saison 2012 où je compte bien faire le TTN long. Donc pour dimanche, je ne me prends pas la tête, je reste sur mon objectif initial : une place dans les 10 et une prise d’expérience pour l’an prochain.
C’est ton premier trail de cette distance, comment l’abordes-tu psychologiquement ?
Curieusement la distance et la durée ne me font pas peur car je m’y suis préparée lors de la manche de coupe du monde de Raid fin août dans le Drôme. Nous étions par équipe de 3 avec 500 kilomètres à effectués, en autonomie et avec un dénivelé de 12 000 mètres. Je me suis retrouvé à faire 40 km de Canoë en pleine nuit sur la Drôme, ça forge le mental. Ca me convient bien car je n’aime pas la routine et je sais que je vais m’en servir quand ça va devenir dur dimanche prochain, même si j’avoue que le dénivelé total me fait un peu peur. Pratiquement, j’ai pu me servir du raid pour tester tout mon matériel et mes ravitaillements. Et puis surtout, on va essayer de s’organiser avec mon mari et mes enfants pour qu’on se retrouve sur 2 ou 3 points du parcours. Ca va me faire du bien d’avoir ces points de rencontres avec eux qui suivent de près ma préparation, que ce soit mon mari qui m’accompagne lors de mes sorties à pied ou à vélo, que mes deux enfants (Hanibal, 8 ans et Mileva, 5 ans).
Revenons sur tes débuts en course à pied qui sont très récents. Peux-tu nous expliquer les raisons de tes débuts tardifs à 39 ans ?
J’ai une trajectoire assez particulière en effet : j’ai été dispensé de sport jusqu’au lycée car mes parents estimaient que le sport était inutile et occasionnait de la fatigue…Ce n’est que quand j’ai rencontré mon mari, lui-même lanceur de javelot de niveau N2 que je me suis intéressé au sport. J’ai couru un peu et j’ai découvert le VTT. Les résultats sont venus assez rapidement et très vite j’ai fait des manches de coupe de France et je me classais régulièrement dans les 10/15e au championnat de France. Mais en 2001, j’ai fait une lourde chute avec fracture d’une vertèbre : 6 mois en corset et pas de sport pendant 2 ans. Ce repos m’a permis d’avoir mon premier enfant puis le second. Et en 2009, j’ai senti le manque de sport mais j’avais toujours ma chute en VTT en mémoire et j’ai « découvert » la course à pied. Mais jamais je n’aurai pensé être double championne de France l’an dernier. J’ai pris chaque course comme une découverte : un premier semi en mars en 1h25, le marathon du Mont-st-Michel début mai en 2h54’02. J’ai ensuite participé aux France de semi fin octobre à Morlaix dans l’optique de préparer les France de marathon 15 jours plus tard. Mon titre sur semi m’avait surprise mais j’étais restée concentrée sur mon véritable objectif, les France de marathon entre Nice et Cannes. Le parcours vallonné m’avait convenu puisque je remporte le titre vétérane en 2h49’15. Dimanche prochain, je partirais dans cette même idée, découvrir et me faire plaisir. Et on verra bien au final !