
Les membres du team espoir Salomon ont fait fort dimanche 22 janvier autour de Font-Romeu. Sur le 40 km hommes de la Romeufontaine, Guillaume Beauxis remporte la course et Thibaut Baronian termine troisième. Petit zoom sur cette nouvelle équipe avec Christophe Malardé, l'entraîneur.
. On a vu de très belles performances du team espoir Salomon à Romeufontaine. Peux-tu nous expliquer ce qu'est ce team ?
- Nous l'avons lancé en 2011 sur le principe d'une sélection. Elle s'est faite sur l'ensemble des manches du Salomon endurance et sur quelques autres épreuves sponsorisées par la marque. C'est une idée de Jean-Michel Faure-Vincent, responsable du team France Salomon. Le week-end du 24 et 25 septembre à Annecy nous avons procédé à une sélection parmi une vingtaine d'espoirs présents. J'étais sélectionneur avec Thomas Lorblanchet, Samuel Bonaudo et Jean-Michel Faure-Vincent. A l'issue des cinq ou six épreuves, quatre coureurs ont été retenus. Guillaume Beauxis, Thibaut Baronian, Fabien Nabias et Cyrille Gardet ont signé un contrat pour trois ans.
. Quels sont les avantages pour les coureurs qui en font partie ?
- Le premier avantage est d'être suivi par une marque. Ça leur permet d'avoir un équipement et une dotation de Salomon. Et ils bénéficient d'un encadrement, d'un staff qui les aide à progresser.
. Quel a été l'objectif initial de cette création ?
- Le but était d'avoir un réservoir de coureurs plus jeunes qui ont de bonnes dispositions sur le trail. Leur profil est à développer et ils peuvent le faire en intégrant un team, sans pression. L'objectif c'est de les voir intégrer le team Salomon France et qu'ils participent à des courses internationales.
. Peux-tu nous donner les références des membres ?
- Ils ont des profils différents. Certains ont fait un peu de cross mais aucun n'a un profil d'athlétisme pur. Ils sont tous issus de sports de montagne et nés en 1989 et 1990 pour Cyrille Gardet.
Thibaut Baronian, du Jura, est issu du ski de fond. Il était membre de l'équipe de France de ski de fond junior. Depuis deux ans il a arrêté le ski pour le trail. Il était septième du marathon du Mont-Blanc l'année dernière.
Cyrille Gardet, de Haute-Savoie, est un touche à tout. Il fait du ski alpinisme et n'a pas fait sa rentrée à Font-Romeu car il participait à une manche de coupe d'Europe ce week-end là. Il a un profil plus porté sur le court. Notamment les courses de kilomètre en montagne.
Ensuite il y a deux coureurs des Hautes-Pyrénées.
Fabien Nabias est le champion de France de course en montagne 2011 et Guillaume Beauxis avait gagné la course du petit Vignemale l'an passé et la Romeufontaine cette année. Tous les deux pratiquent le ski alpinisme l'hiver.
. Comment se passent les entraînements ?
- Fabien Nabias et Guillaume Beauxis sont déjà suivis par un entraîneur. Nous ne voulions pas couper ce qui avait été fait. Comme convenu avec leur entraîneur je suis à leur disposition et regarde ce qui leur est préparé. C'est une relation à trois. Cyrille Gardet et Thibaut Baronian n'avaient pas d'entraîneur attitré donc j'entre pleinement dans ce rôle. Je leur prépare des plans d'entraînements et nous entretenons une correspondance.
. Il y aurat-il des rassemblements en commun ?
- Ils seront tous les quatre au marathon du Mont-Blanc et se retrouveront sur les manches du challenge Salomon. Début juin, nous ferons un week-end dans la vallée de l'Ubaye pour créer une dynamique. A la fin juillet, ils feront une course à l'étranger pour se confronter à différents concurrents. Un 16 km tout droit avec 8 km de montée et 8 km de descente en Angleterre.
. Quels sont les objectifs 2012 ?
- Il n'y a pas d'objectifs fixés. Ils participeront au challenge Salomon pour s'aguerrir car il y a de la densité. Ils pourront aussi se confronter à différents formats. On a connu un départ en fanfare, c'est très bien. Maintenant le but est de s'aguerrir sur les manches au maximum.
. A titre personnel, comment réagis tu d'être devancé par deux de tes jeunes athlètes ?
- Je ne suis pas du tout gêné. J'ai été surpris, je ne les attendais pas à ce niveau. Mais ça m'a surtout fait plaisir parce qu'ils ont pris la course à leur compte. Ils l'ont décanté et accéléré avec la manière. Cela a surpris plus d'un !
Ils sont jeunes mais ne perdent pas de temps pour dynamiter les courses. Guillaume Beauxis fait partie du team espoir Salomon et a remporté le 40 km de la Romeufontaine. Rencontre.
. Il y a une semaine, tu as gagné le trail de la Romeufontaine. Peux-tu revenir sur ta course ?
- C'est parti assez vite avec un groupe d'une dizaine de coureurs. Progressivement, le tri c'est fait par l'arrière et on s'est retrouvé à quatre. Thibaut Baronian a pris les choses en main. Il était à une trentaine de secondes devant, mais je le gardais à vue d'œil. Oscar Perez Lopez était derrière moi. Dans la dernière montée j'ai fait l'effort et rattrapé Thibaut dans la descente. Nous avions 45'' ou 1' d'avance sur l'Espagnol. On a eu un problème de balisage et perdu toute cette marge. On s'est retrouvé à trois mais j'ai réussi à les distancer pour gagner.
. Comment as-tu récupéré de la Romeufontaine ?
- Musculairement j'ai bien récupéré. J'ai été surpris même. Ce qui m'a plus marqué en revanche ce sont les chutes causées par la neige. Mais les muscles n'ont pas trop souffert, donc c'est plutôt bien !
. Tu t'attendais à évoluer à ce niveau ?
- Je voulais rentrer dans le top 5, cela aurait été une très bonne performance déjà. Je suis content d'avoir gagné. Je ne suis pas très surpris de mon niveau parce que j'ai fait une bonne saison de ski alpinisme.
. Christophe Malardé me disait justement que tu venais du ski alpinisme. Peux-tu nous en dire plus sur ton profil ?
- En fait c'est la première année que je pratique le ski alpinisme. J'avais fait un peu de rugby quand j'étais plus jeune et beaucoup de randonnées en montagne avec mes parents. Un jour, un copain m'a attiré sur une course. Ça m'a plus et je me suis mis pleinement au trail. C'est la deuxième année que je m'entraîne sérieusement pour ça. L'année dernière je faisais surtout des épreuves de 20-30 km. J'avais remporté le petit Vignemale, la Kilian's classic de 25 km et quelques courses départementales. J'avais terminé troisième également du championnat de France de course en montagne.
. Et tu fais toujours du ski-alpinisme ?
- Cette année j'en ai fait avant de courir mon premier trail. En ce moment je pratique les deux. Ça me plaît beaucoup mais ce n'est pas évident. Il y a une partie technique et je pense qu'il faut plusieurs années pour maîtriser.
. Qu'est-ce que ça t'apporte de faire partie du team espoir Salomon ?
- Énormément. Il y a la dotation, ce qui est déjà énorme. On a aussi une aide hyper-importante avec le personnel de Salomon. On est bien entraîné. J'avais déjà un entraîneur mais depuis cet été nous sommes en relation avec Christophe Malardé.
. Comment se passe ton programme d'entraînement ?
- Je m'entraîne environ 10 heures par semaine, donc tous les jours, à peu près. J'alterne : la préparation spécifique pour le trail je la fais en course à pied, et le volume, en ski.
. Quels sont tes objectifs pour 2012 ?
- Je participerai au challenge Salomon. Je serai à Lyon en avril, puis à Guerledan avant de courir le Marathon du Mont-Blanc. Je viserai la victoire sur les 80 km du Grand Raid des Pyrénées. Je n'ai encore jamais fait de course aussi longue. Elle me tient à cœur car elle se dispute juste à côté de chez moi. C'est vrai que ma victoire à Font-Romeu me met en confiance pour la suite. Il y a moyen de faire quelque chose. Je viserai le mieux que je peux, et on verra les résultats suivant la forme.