
Il fait partie des pistards routards qui ont fait le tour de la question sur ces surfaces traditionelles et qui franchissent le pas. Après une première incursion sur l'Aubrac en 2007 et vainqueur des Gendarmes et Voleurs de Temps le voici au départ du Marathon des Causses en pensant aux Templiers
Pourquoi as-tu décidé de venir sur le marathon des Causses ?
Depuis que j’ai commencé à courir, sensiblement au moment de la création des Templiers, c’est une course qui m’a toujours fait envie. Mais j’ai aussi conscience que mon profil de coureurs ne convient pas, pour le moment, au trail trop long, j’avais donc mis cette idée à plus tard. Le fait qu’il existe une distance intermédiaire m’a redonné l’envie de venir. Cette année en plus, j’ai déjà fait un bout de préparation pour le trail des Gendarmes et des voleurs en juin, que j’ai remporté. J’ai pas mal hésité entre faire un marathon à l’automne ou les Templiers et l’envie était plus grande de venir voir en vrai cette course.
Comment as-tu préparé cette épreuve ?
Comme je le disais, je suis au départ un coureur de 1 500 m et 3 000 m steeple qui a évolué progressivement vers des distances plus longues. Mais même sur marathon, je n’ai pas réalisé des performances équivalentes à ce que je peux faire sur semi-marathon (1h04’35 et 2h23’24), il me manque donc clairement du travail plus spécifique à la distance. C’est ce que j’ai fait pour cette course en particulier, quand je vois le profil et la moyenne kilométrique des anciens vainqueurs, proche de 12 km/h, j’ai accentué le travail en côtes très dures. Chez moi au Mans, il y a la côte de Gazonfier qui monte sur 300 m avec des passages à 22% : je l’ai faite jusqu’à 15 fois en alternant passage sur la route et dans les marches. Après la première séance, j’ai eu mal aux fesses pendant 3 jours, comme après un trail. Je la couplais le lendemain avec une sortie d’1h30. C’était en milieu de semaine. Le week-end, je faisais une séance au seuil sur terrain vallonné, du genre 3x15’ et le dimanche, une sortie de 2h00, dans les bosses.
C’était des semaines à combien de kilomètres et penses tu avoir perdu tes qualités de vitesse ?
J’ai oscillé entre 120 et 140 kilomètres en privilégiant la qualité à la quantité, soit autant que ce que je faisais lors de mes préparations marathon. Juste avec les deux sorties un peu plus longues, c’est presque 55 kilomètres d’effectué, ça va vite ! En terme de qualité de vitesse, j’ai l’impression que non et j’ai un bon repère, Paris-Versailles : mon meilleur chrono date de 2005 où j’avais réalisé 52’20 et une semaine plus tard, je faisais 1h05’20 à Beaufort en Vallée. Cette année, je fais 52’50, ce qui me laisse à penser que je valais 1h06’. C’est curieux car je n’ai fait aucune séance de VMA depuis 2 mois.
Quelle vision as-tu sur le trail, toi l’ancien pistard ?
Je suis certes un ancien pistard mais qui a toujours fréquenté la montagne. Quand j’ai débuté l’athlé en cadet à Nice, je me suis orienté vers le 800 et 1 500 qui correspondaient à mes qualités et à un début logique dans ce sport. Mais je n’hésitais pas, plutôt que faire un footing dans les bois, à partir faire des randos-courses dans les montages au dessus de Nice. J’ai gardé ce goût, d’autant que pendant 5 ans j’ai été guide de montagne dans les Alpes du Sud. Tout les étés, je m’entrainais en nature et sur des terrains vallonnés et escarpés. Je ne descendais en plaine que pour les compétitions. Avec cet entraînement, j’ai réalisé quand même fait 3’46 au 1 500 m et 8’48 au 3 000 m steeple. Dès lors, je ne peux voir que d’un très bon œil l’essor du trail. Au niveau des performances, j’ai le sentiment que le niveau augmente chaque année. En 2007, quand je fais 4e au marathon des Causses, j’étais moins bien préparé qu’aujourd’hui et je m’en étais quand même sorti. Si je fais la même place cette année au marathon des Causses, je serais content, même si je ne me trompe pas, le vrai trail des Templiers, c’est celui du dimanche !
Justement, as-tu hésité à te frotter au « vrai » ?
Non pas vraiment car je me connais, si je prends le départ, c’est pour me battre pour une place et je ne pense pas que j’ai le foncier pour tenir. Il aurait fallu que je fasse une préparation longue de 6 mois avec des sorties longues de plus de 2 heures. J’en ai fait quelques unes cet été à Font-Romeu, mais pas suffisamment pour être compétitif cette année. Mais je compte bien venir m’y frotter un de ces jours, surtout si je fais une belle course samedi prochain !