
De minuit à la pointe du jour, dès que s'arrêtent les animations, les participants aux 48 heures de Surgères vivent des heures de grande solitude. Au cœur des ténèbres, concentrés sur leur effort, ils connaissent des fortunes diverses.
D'aucuns, à l'image de l'Irlandais Tony Mangan, ou de la Japonaise Sumie Inagaki souffrent de troubles intestinaux, ou de terribles de douleurs au ventre et n'ont d'autres choix que de s'astreindre à des pause non envisagées : « Sumie a dû composer avec un mal de ventre vraiment douloureux, sans doute lié à un problème exclusivement féminin. A un moment, elle ne parvenait plus à uriner. Heureusement, suite à deux pauses de 15' aux alentours de 4 heures, le mal s'est estompé tout est rentré dans l'ordre, elle a pu repartir et retrouver son rythme initial. Néanmoins, Mami Kudo a pu prendre un avantage de 3 km sur elle et se hisser à la 3ième place du classement général. Mais tout ça ne signifi
e pas grand-chose. Il reste 8 heures avant d'atteindre la mi-course et toutes les deux restent sur des bases de 220 km. Ce qui est conforme à leur objectif. Enfin, nous devons rester prudents. Enfin d'autres filles effectuent un come back. Je pense particulièrement à la Tchèque Michaela Dimitriadu, à la Russe Galina Eremina et à l'Allemande Marika Heinlein » : Commente Aki Inoué, le boss nippon.
« Pauvre Tony, il lutte contre la diarrhée et des troubles gastriques. Il a perdu beaucoup d'énergie et s'est déshydraté. Je lui ai conseillé d'aller dormir 30'. J'espère qu'à l'issue de cet arrêt, ça repartira et qu'il ne va pas vivre une galère. » : Explique Alan, son pote écossais qui gère également l'assistance de l'Américain John Geesler et de l'Australien Martin Fryer. « Par contre ces deux derniers ont un estomac en béton. Il mange comme des ogres. Les omelettes au fromage et le pudding passent sans problème. Rien ne semble les perturber. A ce rythme, ils passeront les 200 km en 24 heures » : Ajoute ce représentant du Royaume-Uni, qui n'arrête pas de se livrer à des allers-retours entre le restaurant coureur et les caravanes de ses protégés. Tiendra-t-il 48 heures à ce rythme ?
Leader depuis la 6ième heure, Ryoichi Sekiya impressionne. Plus de 174 km en 16 heures. Pourtant, corrige le chef de la délégation japonaise : « Il respecte simplement son rythme et vu que pour l'instant les conditions météos ont été favorables, il atteindra les 255 km en 24 heures. Il n'a même pas eu à se changer. Toute la nuit il a couru en cuissard et a pu conserver son maillot manche courte. Je ne m'inquiète pas, titulaire d'un record de 273 km sur 24 heures, il n'est donc pas à bloc. Observe sa foulée et son attitude. On n'a pas l'impression, qu'il a déjà 16 heures de course dans les jambes. Il semble évoluer sur un coussin d'air et il reste très souple. »
Second et premier Français, Emmanuel Conraux (dos. 24) demeure très déterminé et provoque l'admiration de ses assistants. Patrick Rouvérand, membre de son team résume la nuit passée par l'Alsacien : « Il ne déroge pas au plan de marche, qu'il avait établi et ce sans forcer. Il tient un bon 10 k/h. Malgré tout, Manu avait programmé une pause à 6 heures, mais il a du s'arrêter à 5 heures, car des ampoules le gênait et malheureusement pendant que nous l'avons soigné, il n'a pas réussi à s'endormir en raison de la torture que nous lui avons infligée. L'éosine le faisait hurler, mais c'est un dur au mal. Cependant, durant ce stop, il en a p
rofité pour prendre un repas chaud, à base de poulet et de riz et enfiler des vêtements secs. Ensuite, au bout de 30', il est reparti, comme si de rien n'était et s'il demeure en mesure de respecter son plan, il se retrouvera avec 230 km à la mi-temps. »
Côté féminin, les représentantes de l'hexagone, faute de pouvoir se mêler à la lutte pour le podium, n'ont d'autres choix que d'évoluer avec les moyens du bord. Christine David lutte contre le sommeil et alterne course et marche. Martine Bertin poursuit son petit bonhomme de chemin et s'achemine vers les 185 km aux 24 heures.
Maintenant que le jour se lève et que les animations vont de nouveau battre leur plein, avec pour conséquence le retour des spectateurs, chacun risque de renouer avec une euphorie, qu'il importera de canaliser, faute de quoi, la note s'avèrera salée.
Rendez-vous après la 24ième heure, où comme l'estiment les protagonistes de ces 48 heures, la course commencera réellement et apportera son lot de rebondissements.
Chistophe Rochotte
Les résultats