
Comme souvent en matière de 24 heures la nuit aura servi de juge de paix. Anne-Cécile Fontaine, sans accélérer est parvenue à se hisser sur la seconde marche du podium et comptait 206,398 km à son actif. Mais la lutte pour la suprématie féminine ne s'est dessinée qu'à partir de 2 heures ce matin. Auparavant Brigitte Bec et elle prenaient la tête à tour de rôle. Sans doute plus fraiche, Anne-Cécile Fontaine a réussi à prendre un avantage d'un peu plus de 2 km. Sera-ce suffisant pour décrocher le titre, alors qu'il demeure 4 heures avant que la boucle de ce mondial soit bouclée ?
Selon les projections de Bernard Gaudin, Anne-Cécile devrait, sauf incident battre le record de France et le porter au-delà des 240 km, voir des 245. Quant, à Brigitte Bec, elle aussi devrait améliorer sa meilleure performance et envisager les 238 km s'avère réaliste. Plus loin, avec un score de 175 km Kora Boufflert, qui a connu des hauts et des bas en raison de troubles gastriques, s'accroche car l'or par équipe semble acquis aux Françaises. Malheureusement les autres filles du team France vivent un calvaire, mais tiennent à aller jusqu'au bout.
Chez les messieurs, il s'agit d'une Bérézina. Les têtes d'affiche de l'équipe de France ont mis le clignotant. Christophe Martin avait déjà plié casaque après 10 heures d'effort, suite à une pubalgie. Puis Fabien Hoblea, victime d'un coup de chaud, comme disent les cadres de l'équipe de France et qui avec courage était reparti, mais sans jamais pouvoir retrouver une allure correct, s'est finalement écroulé de sommeil et n'a eu d'autres choix que de renoncer. Enfin Philippe Warembourg, victime d'une périostite il était inutile qu'il endure une douleur insupportable pour rien et il apparaissait préférable qu'il renonce.
Bruno Heubi 11ième, Thierry Douriez 14ième et Mohamed Magroun 22ième persistent, mais ne décrocheront pas de médaille par équipe dans le cadre de ce championnat du monde et finiront tous sous les 235 km. Cependant cet événement faisant également office de championnat d'Europe, ils se démènent pour ramener le bronze, bien que dans ce final l'Allemagne revient en force pour la quête de cet accessit.
En tête de course, la victoire, sauf accident reviendra Henrik Olsson, suédois, leader dès 1 heures. Selon son coach Kjell-Ove Skoglund, les 260 km ne relèvent pas de l'utopie. A 34 ans, il court là son 4ième 24 heures et son record actuel est de 247 km. « Il s'est marié la semaine dernière et a proposé à son épouse de partir en voyage de noces en Italie et amoureux, il se sent des ailes. En plus, il s'implique beaucoup dans la préparation mentale. Plus particulièrement, les pensées positives. Il veut participer au Spartathlon et lorsqu'il a fait vraiment chaud, il considérait que ce n'était rien par rapport à ce qu'il va connaître en Grèce. Enfin, il a toujours été régulier, il n'a fait que ramasser les athlètes qui s'écroulaient au fil des heures. » : Déclare euphorique le boss scandinave.
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Concernant les Japonais, Aki Inoué ne veut laisser transparaître sa déception : « Yuji Sakai a dû lutter contre le sommeil. Maintenant, à l'image des Français, nous allons nous battre pour une médaille par équipe. Allons-nous résister au retour des Russes, qui me surprennent. Comment font-ils pour se battre de la sorte ? Je n'y croyais pas. Samedi soir, ils n'avançaient plus. Je dois admettre que mon pronostic était mauvais. En fait, ils possèdent une grande expérience de l'ultra et ce sont des durs, animés par on ne sait quelle force. »
A Bergame, Christophe Rochotte
Scratch à la 20ième heure :
1 Henrik Olsson SWE : 219,996 km
2 Anne-Cécile Fontaine FRA : 206,338 km
3 Ralf Weiss GER : 205,254 km
4 Yuji Sakai JAP : 204,120 km
5 Vladimir Bychkov RUS : 204,120
6 Brigitte Bec FRA : 204, 120
11 Bruno Heubi FRA : 198,450 km
14 Thierry Douriez FRA : 191,646
22 Mohamed Magroun FRA : 187,110 km
47 : Kora Boufflert FRA : 175,770 km