
Habituellement, lors d'un 24 heures les participants vivent correctement les 12 premières heures. Or, à l'occasion de ce mondial, nombre de concurrents ont dû affronter moult problèmes, dès la 8ième heure.
Certains, à l'instar du Français Christophe Martin ont même été contraints à l'abandon. « En fait, je traîne une douleur au psoas depuis les France de Brive, en 2008. A peine après les 20 premières minutes, j'ai ressenti une douleur dans l'aine et dans la fesse. Le médecin m'a proposé des anti-inflammatoires et des antalgiques. Cumulés à l'échauffement naturel des muscles, la douleur est devenue supportable. Mais plus tard j'ai souffert d'un coup de chaud, qui m'a obligé à marcher. Là, les muscles se sont refroidis et évidemment, c'était insupportable. Je me traînais à 5 km à l'heure. J'ai abandonné, parce que je ne voyais pas continuer à ce rythme pendant 14 heures. Si cela c'était produit, à 4 heures de l'arrivée, j'aurais sans doute été au bout. Mais là, ça ne servait à rien. C'est la première fois que j'abandonne. J'ai peut-être sous-estimé la difficulté du parcours. Peut-être suis-je parti trop vite. Je courais à 11,8 km/h de moyenne. Ca correspondait à l'allure à suivre par rapport à mon objectif de 260 km. »
Relativement aux difficultés rencontrées par moult participants, Jean-François Pontier apporte l'explication suivante : « Ce championnat se déroule en mai. Il a été plus compliqué à préparer que s'il avait eu lieu en octobre. Les athlètes se sont entraînés dans le froid et l'humidité et aujourd'hui, ils se retrouvent confrontés à la chaleur. L'an dernier puisque le mondial s'était tenu à Séoul au mois d'octobre, il avait eu tout l'été pour s'adapter à la chaleur. Après, les athlètes ont enchaîné deux préparations pour un 24 heures en 6 mois. Aussi en ce qui concerne notre équipe, eu égard aux conditions, je crois que c'est parti trop vite. Les filles ont commencé à 11 km/h et les garçons à 11,9 k/h. Cette discipline relève également de l'irrationnel. Il y a tout un tas de paramètres à prendre en compte entre l'alimentation, la température et la nature du parcours. Enfin, ce n'est pas fini. Les gars vont se battre pour la 3ième place par équipe. Quant aux filles, elles sont bien placées pour récolter l'or et des médailles au classement individuel. »
Toujours optimiste Bernard Gaudin, croit lui aussi aux chances du team France : « Brigitte Bec pointe à la 5ième place du classement général, avec 130, 410 km. Anne-Cécile Fontaine effectue une remontée extraordinaire et se situe au 9ième rang du scratch. Kora Boufflert s'accroche et je reste convaincue qu'Anne-Marie Vernet qui est partie très prudemment va revenir aux avant-postes. En ce qui concerne les garçons, Fabien Hoblea a connu un coup de chaud, mais au mental il a réussi à repartir. Mohamed Magroun et Bruno Heubi sont très réguliers et glanent des places au fil des heures. Donc rien n'est perdu. Il reste encore 12 heures. De quoi vivre une nuit riche en rebondissement. »
Enfin, même si le Japonais Yuji Sakai demeure leader, Aki Inoué se garde de tout triomphalisme : « En fait si Yuji a pris la tête sans jamais accélérer. Vu les conditions, j'ai demandé à mes coureurs de courir plus lentement. 5'' de plus par kilomètre. Pour l'instant, ça fonctionne. Toutefois, on est loin de la fin et je me méfie d'Henrik Olsson. Je ne connaissais pas ce Suédois. Par contre, en ce qui concerne les Russes et Nunés, je ne m'étais pas trompé. C'est fini pour eux. »
A suivre.
A Bergame, Christophe Rochotte