
Ce matin, les 196 participants au mondial des 24 heures rassemblés Viale Papa Giovanni XXIII ont pris le départ à 10 heures sous le soleil. Le mercure affichait 23° et un public fourni, agglutinés derrière les barrières installées tout autour de ce circuit long de 1133, 945 mètres n'a pas manqué d'encouragé, ces forçats du bitume.
Cependant, si au profane ce type d'effort semble une compétition classique, impliquant une lutte d'homme à homme, il n'en n'est rien. Les premières heures prennent plus l'apparence d'un round d'observation, où chaque concurrent doit faire preuve de sagesse, car si les marathoniens ont coutume d'affirmer que leur épreuve commence au 21ième km, là, les participants entreront dans le vif du sujet à partir de la 12ième heure, soit une longue attente à gérer.
Jean-François Pontier, adjoint du département hors stade à la direction technique de la FFA et expert dans l'art de la métaphore déclare : « Les 24 heures pourraient être comparées à une partie d'échec. Ca exige de la stratégie. Si tu avances trop vite, tu perds tous tes pions et tu deviens le fou de l'échiquier, après avoir grillé toutes tes cartouches. Si un coureur gaspille trop rapidement son capital énergie, parce qu'il part trop vite, il ne réussira pas une grande performance. Donc, c'est celui qui aura le mieux gérer sa première partie de course, qui se présentera le moins fatigué dans la seconde et qui aura toutes les chances de l'emporter. Cela exige de l'expérience et surtout de la patience. De plus, il ne faut pas se référer à la progression des autres, mais évoluer à son propre rythme. Voilà pourquoi cette discipline ne convient pas aux impulsifs. »
Cadre bénévole et membre du staff de l'Equipe de France, Philippe Propage ajoute : « Sur 24 heures les adversaires ne sont pas les autres participant, mais le vent, la chaleur et soi-même. Et tous les coureurs s'encouragent, se respectent et vivent ce challenge dans une ambiance on ne peut plus amicale, parce qu'ils savent que la victoire sur les autres ne sera que la conséquence de la victoire sur soi-même. »
Plus concret dans son propos, puisque ancien pratiquant de haut niveau, Bernard Gaudin, référent 24 heures auprès de la FFA parvient à pousser plus loin l'analyse de ce début de course : « Le circuit comporte deux parties. Une est exposée au soleil, l'autre est ombragée et il fait 24°. Obligatoirement ça attaque l'organisme. Certains transpirent trop. Ca démontre qu'ils sont en surrégime. En plus, ce parcours va finir par devenir casse-patte au fil des tours, avec cette légère descente et les deux petits faux-plats, qui la compense. Bon, pour l'instant en ce qui concerne les Français, tout va bien. Ils sont partis raisonnablement, tant chez les hommes, que chez les femmes. Donc, vu le niveau de la France, il n'y a pas de raisons que cela ne se passe pas bien. Le fait d'avoir appris que Françoise Chollet que j'entraîne depuis un an avait décroché le titre de championne de France ce matin à 10 heures, m'a rendu euphorique et je vois là un heureux présage, qui va rejaillir sur l'ensemble du team. Néanmoins, il faudra se méfier des Japonais, qui eux aussi se montrent très prudents pour l'instant. »
Très pragmatique, Aki Inoué, le coach japonais considère que la course va finir par se jouer entre la France et l'Empire du Soleil Levant : « Mes coureurs, à l'image des Français sont très réguliers. Là, ils sont simplement dans une position d'attente. En ce qui concerne, les Russes, le Brésilien Nunes et tous les représentants de l'Est, je n'y crois pas. Donc, ça va se jouer entre la France et nous. On en saura plus à l'issue de la 12ième heure. »
A Bergame, Christophe Rochotte
Classement à la 6ième heure :
1 : Bychkov Vladimir Russie : 71,442 km
2 : Saliy Roman Russie : 71,442
3 : Sakai Yuji Japon : 71,442
5 : Hoblea Fabien France : 70,308
6 : Martin Christophe France : 70,308
16 : Mohamed Magroun France : 68,040
22 : Bec Brigitte France : 66,906
28 : Boufflert Kora France : 65,772
32 : Casiraghi Monica Italie : 65, 772